SCENE XIX
LEb MÊMBt, PERPETUE i tenant un billet
!• K I! P KTI' B.
ieoi M.igloîic , un bille! poui \cus>!
MAGLOIRE , le prenant.
De qui Jonc? ( Il ouvre le billet , à part. ) Palmire ! . . », Oh ! oh! elle me charge de prévenir le patron qu'il est congédié. Bravo ! il reprendra sa femme!
( Il s'approche de Sostènc. )
SOSTENE.
Je n'en reviens pas encore. . . Monsieur Magloire, vous êtes un traître! vous connaissiez le complot... pourquoi ne m'avez-vous pas pre'venu?
MAGLOIRE
Vous ne m'avez rien demandé, Monsieur... ( Fas. ) Mais il s'agit bien d'autre chose ! La helle Palmire passe chez les Badois. . . et voilà une lettre affreuse qu'elle m'écrit contre vous.
SOSTÈNE, se levant.
Grands dieux ! je la perdrais aussi!... Ah ! du moins , que le grand mystère ! . . .
MAGLOIRE, bas.
Ne craignez rien. ( Haut. ) Maintenant, Monsieur, j'ai une demande officielle à vous faire. . » Depuis long-temps j'adore Perpétue, votre pupille; sa tante m'a promis sa main ; ne m'accorderez-vous pas aussi votre consentement ?
SOSTÈNE , avec aigreur.
Non certainement, j'ai des comptes de tutelle à rendre , et Perpétue attendra sa majorité.
Mme DTJVERNET.
Pourquoi doue cela ?
PERPÉTUE
Puisque nous nous aimons!
LOISELET.
Il ne faut pas que les contrariétés de la journée vous aig Usent contre ces jeunes gens, mon voisin.
SOSTÈNE.
Monsieur, je persiste dans mon refus.
MAGLOIRE, bas à Sostènc.
Prenez garde, Monsieur, je peux montrer la lettre de Palmire à madame Duvernct.
sostène , avec effroi.
Oh ! non pas ! . . . Je cède ! je cède sans hésiter. ( Haut.)
An fait, si vos cœurs sont d'accord, mariez-vous , mes eufans , le mariage est une chose très-agre'able!
MAGLOIRE
Merci. . . pour deux , mon cher patron.
LOISELET.
Ah ! ça , il me reste encore une bague que j'ai fait monter, par vos ordres , pour madame Duvernet.
SOSTÈNE.
Vous pouvez bien la remporter.
LOISELET.
Impossible! c'est de l'ouvrage commandé... ( La passant au doigt de madame Duvernet. ) Tenez , voisine, elle vous revenait. . . Je porterai cela sur mon mémoire.
SOSTÈNE.
Encore?,. . Allons, je suis battu de tous les côtés !
MAGLOIRE
Je triomphe sur tous les points!
SOSTÈNE.
En définitive, j'ai fait aujourd'hui de grandes dépenses, je me suis donné bien de la peine, pour me trouver, au dénouement, dans la sotte position de tous ces maris. . .
magloire, à mi-voix.
Qui courent après une maîtresse, et qui sont attrapés par leur femme ! . . . C est un peu rococo ; mais ça fait toujours, ''"'n la bourgeoisie.
VAUDEVILI \ih : Le plaisir volait syr mes traces. ( Médecin lu:-. Pour une maîtresse qu'on blâme , Subissant on jong entraînant , Qu'un mari trahisse sa femme , ( !e!a n'est pas très surprenaol ; (■' que cet te fi mme encor belle , m t , se mon li anl rebelle A l'amour «le maint soupirant , ii époui reste fidèle. . .
qui un Si ml. 1i- . 1 > > u 1 1 . 1 1 1 1 . [Ùts.)
M. LOISELET.
Qu'un cuniulard des hautes classes Jure à chaque gouvernement De rester fidèle. . . à ses places , Cela n'est pas très-surprenant, (bis.) Mais qu'un homme exempt de faiblesses , Abandonnant honneurs, richesses , Pour garder son premier serment, Renonce aux profils des bassesses. . .
Voilà qui me semble étonnant, (bis.)
SOSTÈNE.
Que Vernet , Piobert et La Roche , Dans notre salon maintenant , Offrent des tableaux sans reproche, Cela n'est pas très-surprenant ; (bis.) Mais que , surpassant tous les doutes , Notre vieux Louvre, sous ses voûtes , Près des chef-d'reuvres du talent , Expose à nos veux tant de croules , Voilà qui me semble étonnant ! (bis.)
magloire , au Public.
Qu'un objet de bijouterie Inspire un proverbe innocent ; Qu'eu passant, le public eu rie , Cela n'est pas très-surprenant ; Mais qu'un sujet aussi fragile , Mais qu'une pièce aussi futile, Même en réussissant gaîment , Fasse courir au Vaudeville , Voilà qui serait étonnant ! Cela serait bien étonnant !