ENSEMBLE
SOSlÈNE.
Rose , je vous en prie , etc.
SI AD. DUVERNET
Soslcne, je vous prie, Sans vous alarmer, Laissez moi réclamer.
Sur ma coquetterie,
C'est toujours
Même discours.
( Elle rentre à gauche. )
SCÈ1XE VII.
SOSTÊNE DUVERNET, puis MAGLOIRE.
Ah ! quelle éprem e ! . . . Ça s est mieux passé que je ai lis, malgré cela!... A présent je suis sûr d'être en paix jusqu'à demain , à pareille heure... Ces accès de coquetterie ne la prennent jamais que le matin. . .
wagloire , paraissant à la porte de l'élude. Est-elle partie?
SOSTÈNE.
Oui, et nous sommes libres.
MAGLOIRE
C'est bien tranquilisanl pour nous deux , Monsieur.
SOSTÈNE.
Eli bien '. ma belle actrice ? . . .
MAGLOJRE.
Monsieur, j' l'ai entretenue de votre part hier an soir ; mais on m'a ru , el » oti e intrigue secrette retombe personnellement sur moi.
SOSI i'nk.
Attends donc, attends donc!... Il ne sciait peol-étn pai mal de soutenir t e i <>le la . . . Moi je ne veux pai èti <• compromis, ?is-à-vi« de madame Durernet, d'abord!
MAGLOIRE
Eh! quoi, je devrais supporter ce quiproquo? devenir votre éditeur responsable? agglome'rer sur ma tête inge'nue?. . .
SOSTÈNE.
Qu'est-ce que tu risques?
MAGLOIRE , chaudement.
Je risque de m'entendre traiter d'homme à bonnes fortunes. . . Trouvez-vous ça bien agréable?
SOSTÈNE.
N es-tu pas garçon?
BIAG LOIRE.
Garçon si vous voulez ; mais j'ai le droit de participer à l'amour comme tout ce qui existe dans la nature!... et si dans ce moment quelque belle se ti ouvait e'prise de moi. . mesurez un peu tout le tort que ça me ferait dans sou imagination !
SOSTÈNE.
Au contraire! en passant pour un homme à bonnes fortunes , toutes les femmes senflâmeront pour toi !
MAGLOIRE
Eh ! voilà pre'cise'ment ce qui me fait fre'mir d'effroi!. . .
sostène , l'examinant en riant.
Rassure-toi , ça n'arrivera peut-être pas !
MAGLOIRE
Je l'espère parbleu bien !
SOSTÈNE.
Enlin que t'a dit Palmire?
MAGLOIRE
Qu'elle viendrait vous voir ici dans la matinée.
SOSTÈNE.
Quelle imprudence ! . . . Si ma femme Ja surprenait ! . . .
Ça ferait un bien joli tapage!... Mais vous inventeriez un mensonge pour vous disculper. . .
SOSTÈNE.
J'espère d'ailleurs que Palmire aura ebangé* d'idée!...
Tu ne sais pas? j'ai le projet de lui faire un cadeau qui ne me coûtera pas beaucoup.
MAGLOIRE
Tant mieux encore !
Boudes. 3
SOSTÈNE.
Ta te souviens de ces deux petits courtiers de Francfort pour qui je viens de gagner ce procès important?
MAGLOIRE
C'e'tait une he\U- et bonne escroquerie qui pouvait les mener loin !
SOSTÈNE.
Parmi ces bijoux précieux qu'ils ont été oblige's de laisser ici, pendant qu'ils étaient en prison, il y a une paire de boucles d'oreille admirables!
MAGLOIRE
Je saisis votre ide'e. Vous voulez vous les faire donner en paiement, pour les offrir à mademoiselle Palroire...
SOSTÈNE.
Pas tout-à-fait ! Je perdrais mes frais dans cette affaire , et je m'arrange mieux que ça. J'échange ces boucles d'oreilles avec ton oncle , contre un joli diamant, qu'il vient de me faire voir tout-à-1'heure , il me donne cinquante louis de retour; je lui fais monter ce diamant en bague, et j'en fais présent à ma charmante actrice... Heim ! comment trouves-tu cela ?
MAGLOIRE
C'est fort adroit !
SOSTÈNE.
Et, pour qu'il ne se doute de rien, j'ai eu soin de dire h ton oncle que la bague était pour ma femme.
MAGLOIRE
C'est encore pins adroit! ( On entend rire aux éclats dans l'escalier. ) Qui est-ce qui rit Là-bat?
SOSTÈNE.
Ah! mon dieu! c'est cette folle de Palmire!... Prends garde que ma femme ne vienne ! vas lui lire des romans ,
vas!
MAGLOIlli;.
Notre-Dame de Paris! c'est bien amusant!... Oh! qu'il y n bur la terre de jeunes hommes plus heureux que moi !