Histoire de Paris {Preuves, V
It) LES BOUDIN ET LES BOURDIN
transporter les accessoires. Il habitait à ce moment à l'hôtel de Nevers. En 1629, il marie sa fille aînée à l'église Saint-André-des- Arcs. A partir de ce moment, nous perdons sa trace ; nous ne savons même pas quand il est mort.
Une légende ridicule voulait que Bourdin eût été pendu à Cléry, pour avoir dérobé une lampe d'argent en travaillant au tombeau de Louis XI. Cette légende avait été rapportée par Beauvais de Préau ^ Elle a été abondamment combattue par les érudits postérieurs, dont l'un, Vergniaud-Romagnesi ^, affirme savoir que l'épitaphe de Bourdin se trouvait au grand cimetière d'Orléans «■ avec celles de très honnêtes gens ». Mais il ne l'a pas vue et ne nous la transcrit point; le document serait pourtant bien précieux pour fixer la date de la mort de notre sculpteur. Le plus probant, c'est que l'on retrouve à Paris des actes postérieurs, où son nom figure, et des œuvres plus récentes, qui sont certainement de sa main.
C'est vers 1G30 que son fils Michel, que nous appelons Michel II, commence à travailler avec lui et peut être aussi pour son propre compte. Ils paraissent bien l'un et l'autre ne jamais avoir été employés et pensionnés par le roi. Ils ont travaillé au contraire pour les particuliers et beaucoup même en province, dans les directions les plus diverses. On trouve des œuvres signées Bourdin près de Sens, près de Creil et près du Mans. Il est curieux que précisément l'abbé de Marelles qui cite ce nom dans un de ses insipides quatrains, le mette en pendant avec des artistes provinciaux :
Après Germain Pilon, statuaire admirable J'ai parlé, ce me semble, ailleurs de Jean Varin Mais les Juste de Tours et Jacquin le Lorrain Avec Michel Bourdin ont ici leur semblable