‹ Les Boudin et les BourdinChapitre 9 sur 26 · MICHEL I" BOURDIN · texte numérisé non relu

MICHEL I" BOURDIN

Nous ne connaissons ni la date de la naissance, ni celle de la mort du premier Michel Bourdin, et cette ignorance est la cause de bien des erreurs et des confusions. Certains l'ont fait vivre et travailler pendant près d'un siècle. C'est entre 1610 et 1640 que se place, nous allons le voir, sa période d'activité ; songeant aussi aux dates de naissance de ses quatre enfants (1609, 1612, 1615, 1618), nous serions assez disposé à placer sa naissance, comme l'a fait M. Vaudin, entre 1580 et 1590.

On affirme qu'il était d'Orléans; c'est une tradition, dont tous les érudils Orléanais, depuis Beauvaisde Préau', en 1778, se sont emparés. M. Vaudin l'admet aussi, en se fondant sur les signatures (dont il défigure l'une, pour les besoins de sa cause). Aurelius, signc-t-il une fois à Orléans et Aurel, une autre fois à Cléry, jamais correctement A tcrelianensis ; i^ourlant il n'y a guère moyen de donner un autre sens à ces mots. Malherbe, d'ailleurs, en 1610, l'appelle Bourdin d'Orléans. Il venait sans doute d'arriver à Paris et conservait encore son nom d'origine.

C'est, en effet, en 1609 et c'est à Paris que nous trouvons son nom mentionné pour la première fois. Il fait baptiser, à Saint-Andrédes-Arcs, un fils nommé Michel, qui, lui aussi, devint sculpteur dans la suite. En 1612, c'est une fille, Marie ; en 1615, une autre fille, qui a pour parrain Barthélémy Tremblay ; en 1618 enfin, un autre fils. Il est probable qu'il retourna à ce moment à Orléans et qu'il y fit un certain séjour, grâce aux commandes qu'il y exécuta vers cette date, le Louis XI de Cléry et la Vierge de Sainte-Croix d'Orléans. Mais il faut bien remarquer que ce n'était alors que par occasion qu'il se trouvait à Orléans. Il est qualifié, sur le marché passé à Cléry en novembre 1617, de « maître sculpteur, demeurant à Paris, faubourg Saint-Germain, étant de présent en cette ville d'Orléans ». Il n'avait même pas abandonné complètement la capitale, puisque, en 1619, il y signe les statuts des maîtres peintres et sculpteurs. 11 y retourna certainement dans la suite, puisque, en 1626, nous savons par Dom Lobineau* qu'il fut chargé de refaire à l'Hôtel de ville les machines d'un ballet qui avait déjà été joué à la cour, mais dont on ne pouvait

1. Beauvais ds Préau, Essais historiques sur Orléans. Orléans, 1778, p. 76. — Cf. aussi Tiupuis, Michel Boicrdin, statuaire Orléanais {Bulletin de la Société archéol. du Loiret, t. IV, pp. 61-65).

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