‹ Les Boudin et les BourdinChapitre 18 sur 26 · Piganiol, éd. 1705, t. IV, p · texte numérisé non relu

Piganiol, éd. 1705, t. IV, p

Dézallier', après lui, les trouvent inférieures à l'architecture, quoique étant de Bourdin. Mais ces statues ont disparu depuis longtemps; celles que l'on voit actuellement sont, l'une de Préault, l'autre de Moine (1849).

Mais Sauvai signale aussi qu'il y avait au maître-autel deux figures de Bourdin représentant les deux martyrs. Piganiol nous appi'end que le retable était d'un nommé Monard, le tableau d'autel d'un peintre qu'il ignore, les saints Gervais et Protais de Bourdin et les anges de Guérin (remarquons qu'au portail déjà, l'on trouvait, côte à côte, des œuvres de ces deux artistes). Thiéry- en parle également en 1787; enfin dans l'inventaire dressé par le peintre Lebrun en 1790 et publié par M. Stein^, on signale au maître-autel « les statues de saint Gervais et de saint Protais de Bourdin ».

Il est certain donc qu'il y avait au maître-autel de Saint-Gervais, avant 1790, deux statues des patrons de l'église, œuvres de Bourdin. Les statues ne sont plus en place ; les deux saints en pierre que l'on voit aujourd'hui à l'autel, sont modernes. Mais tous les inventaires^ signalent, dans une tribune de l'église servant de magasin, deux saints Gervais et Protais provenant du maitre-autel et qu'ils attribuent à Michel Bourdin. Nous avons vérifié le fait et nous avons trouvé, sous une épaisse couche de poussière, deux statues de bois peint et doré, figurant les deux saints martyrs avec leurs palmes, assis et se présentant bien comme deux figures décoratives. On nous a affirmé qu'ils venaient de l'ancien autel. La coïncidence semble prouver que nous sommes bien en présence d'œuvres de Michel Bourdin.

Maintenant, il faut avouer qu'il est assez difficile d'y reconnaître la marque de notre artiste. N'en serait-il pas de môme des anges de la chapelle de Sainte-Croix d'Orléans, s'ils se trouvaient isolés? Remarquons que ce sont des ouvrages de production courante, dont nous n'avons pas d'analogues dans son œuvre connu. Ces diacres, d'ailleurs, malgré leur attitude contournée de figures d'autel, sont de proportions courtes et larges. Les tètes sont banales, il est vrai ; mais notons l'ample dalmatique aux larges plis très souples qui

1. Voyage pittoresque de Paris, par M. D..., éd. 1752, p. 173.

2. Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, 1787, t. I, p. 174.

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