Nouvelles archives de l'Art français, 1890, p. Ib
4. Cf. Inventaire général des richesses d'art de la France; Notice sur Saint-Gervais, par Michaux, et Inventaire des richesses d'art de la Ville de Paris.
dénote une main certainement habile, qui aime à se jouer avec les difficultés et qui rencontre ici une matière particulièrement favorable ; notons ces glands sur l'épaule qui nous font penser aux glands du manteau de Louis XI ; notons enfin cette petite frange qui borde le vêtement et que nous avons vue partout jusqu'ici dans les œuvres de Bourdin, aussi bien au Louis XI (manteau de dessous) qu'à la Vierge d'Orléans.
De plus, il existe, dans l'histoire de Paris par Félibien*, une gravure représentant le portail de Saint-Gervais, on sont figurés, trop sommairement il est vrai, les saints du portail. On peut remarquer dans les figures du bas, qui étaient à coup sûr de Bourdin, que la dalmatique avec les glands sur l'épaule, la tunique aux petits plis serrés par dessous, l'allure générale enfin, bien qu'elles soient debout, les rapprochent d'une façon frappante de celles qui sont conservées.
Evidemment, ce sont là des œuvres peu attendues chez le réaliste qu'était Michel Bourdin ; mais, sans vouloir l'affirmer, nous croyons qu'il y a bien des chances pour que ces statues soient effectivement de lui. Si l'on trouvait un seul mot dans les auteurs qui fît allusion à la matière dont elles sont faites, la chose serait hors de doute. Malheureusement, il n'y a que du Breul- qui, sans parler des statues, indique un «tabernacle de menuiserie dorée». Nos statues en faisaient-elles partie? c'est probable. Il serait bien intéressant de saisir avec certitude notre artiste dans cette œuvre presque de métier, dorée, polychrome, taillée dans une matière vulgaire et que les artistes de l'Académie allaient bientôt dédaigner, d'autant que tous ces caractères ne contrediraient pas trop à l'idée que nous pouvons nous faire du bon artisan qu'était Michel Bourdin.
Tombeau de jean bardeau, a nogent-les-vierges
On voit dans l'église de Nogent-les-Vierges, près de Creil, le tombeau de Jean Bardeau, secrétaire du roi et trésorier général des finances, mort le 3 février 1632. « Ses amis, nous dit l'épitaphe, lui ont fait construire ce monument exécutant son testament. » Le monument est donc postérieur à 1632. Sur la base de la statue à genoux,
1. Félibieii, Histoire de la Ville de Paris, 1725, t. I, p. 2b9.
2. Jacques du BreuL Théâtre des antiquités de Paris, supplément 1610-1639, p. 59.
on lit cette inscription en larges caract6res : michel hourdin fecit. Le tombean subsiste, — et cela est rare, — dans toute son intégrité. La statue est placée sur un sarcophage de marbre noir, à l'entrée d'une
STATUE FUNÉRAIRE DE J E A K B A H D E A U l'ar Michel I" Bourdin (Église de Nogcnt-Ics-Viergcs)
grande voûte en plein cintre. De chaque côté sont deux tables de marbre noir; sur l'une se lit l'épitaphe, sur l'autre une inscription relatant des fondations pieuses. Nous retrouvons encore là une décoration analogue à celle de la chapelle d'Orléans.
Le personnage est à genoux sur un coussin, devant un prie-