Nouvelles Archives de l'Art français, 1872, p
ville en avait 2400. Encore, en 16:2^', lui en rofj;ne-l-on la moitié, (( attendu la nécessité des afTaires du roi ». Toutefois, c'est un fait à remarquer, il est embriji,adé, domesliqué, il appartient au roi qui le paie ; Michel Bourdin, au contraire, ne fut jamais sur la liste des officiers ou domestiques royaux.
C'est un Parisien du quartier des Halles, il habite la rue Monlorgueil, paroisse Saint-i'^ustache. La première fois que les registres de la paroisse fassent mention de lui, c'est en IGOi : il fait baptiser son fils (îuillaunie, à qui il donne pour parrain Guillaume Périer, « sculpteur du roi ». i']u KiOG et eu 1()()8, il présente à l'église deux lilles; en lOlO, son lils HarthéhMiiy, (|ue nous retrouverons plus tard. A celui-ci encore il donne pour parrain un artiste de son monde, un sculpteur comm(> lui, Barthélémy Tremblay-.
Mais à c > moment sans doute, il quitte Paris, car un marché vient d'être conclu (jui va le retenir à Ciiartrcs pendant longtemps [2 juin KilO) : il s'est engagé à exécuter, pour le tour du chœur de la cathédrale, quatre groupes en pierre : La Résurrcclion, Les Disciples d' EiiiiiiaiU, Les Trois Maries, Jésus et J'/tontas, plus un évôque dans une niche. Ces quatre groupes existent encore ; ils sont placés au côté nord du tour du chœur. Les marchés j)assés avec les chanoines de Chartres ont été publiés dans les Archives de l'Art français^. La dernière ([uittance est du G juillet Kil 1 et la signature de l'o'uvre porte la môme date. Thomas Boudin se hxe sans doute alors à Chartres ; l'on devait y être content de lui, car, le 21 août 161 1, un nouveau marché est passé pour trois groupes cette fois : La Tentation de Jésus-Christ, La Ghananéenne et La Transfujuration. L'année suivante, 1(512, ces groupes sont achevés, signés et payés; la petite plaque de marbre que l'on peut voir à Chartres au-dessous de l'un des groupes porte bien la date de 1G12. Ces trois derniers groupes sont les plus célèbres; on les voit encore sur la clôture du chœur du côté sud, après les sculptures de Soulas, de Marchand et de Guybert.
Boudin rentre alors à Paris, mais, chose singulière, nous ne le trouvons pas fixé dans le même quartier, et il est curieux de le voir se transporter du côté pour ainsi dire oii ses alTaires l'appellent. En IGlo, il fait baptiser un fils à Saint-Jean-en-Grève. Or, nous savons qu'à la même époque il était chargé (ce sont les registres de l'Hôtel de ville, publiés par M. Leroux de Lincy. qui nous l'ap-