‹ Les Boudin et les BourdinChapitre 5 sur 26 · Sauvai, t. I", p · texte numérisé non relu

Sauvai, t. I", p

de Chartres, qualifie Thomas Boudin « d'artiste de haut vol, fin, élégant, plus habile et mieux doué que INIichel ». Cela nous semble

gTATl'E FLNKRAIRE PE DJANE PE l'RA.NCE, PU Cil ESSE d'aNGOULÊME Par Tliomas Boudin (Basiliijuo 4e S^lnt-Deul^)

singulièrement exagéré. Les groupes de Chartres sont honnêtes, et voilà tout ; il y a une certaine entente des mouvements et de la composition ; mais c'est une sculpture lourde, poncive et sans grâce qui sent déjà l'académique, et dont l'exécution générale est froide, malgré des attitudes théâtrales et des draperies tourmentées. Je ne connais

rien de plus ordinarre et de moins expressif que la tête du Christ ; les tètes d'hommes sont toutes de ces banales tètes d'apôtres répandues par l'art jésuite ; de temps en temps, un souvenir de Michel-Ange, comme dans le Moïse de la Tramfiguration. Quant à la Chananéenne, la figure la plus admirée de la série, elle manque absolument de vie et de grandeur; c'est d'ailleurs, pour la tète, le même type de femme, type dérivé de la Renaissance et de l'école de Fontainebleau, qui se retrouve dans les groupes de l'autre côté, celui des Trois Maries en particulier.

Il n'y a donc vraiment pas là de quoi tant exalter le talent de l'artiste et le mettre bien au-dessus do l'excellent Michel Bourdin, dont nous allons bientôt apprécier le réalisme puissant. C'est surtout si nous considérons maintenant la figure de Diane de France que l'infériorité de notre Thomas Boudin apparaîtra.

Celte statue s'élevait autrefois dans un entourage somptueux et magnifique ; la décoration de la chapelle oîi Sauvai l'a vue était faite de marbres de difTérenles couleurs, avec des bronzes et des dorures. Nous pouvons nous en faire une idée par le dessin de la collection Gaigniéres. conservé à la Bibliothèque Nationale'. Sur le prie-dieu, qui, par extraordinaire, paraît bien être celui qui est à Saint-Denis, on voit encore le trou de scellement de la couronne de cuivre qui y était posée. Le monument est décrit dans VÉtat des objets d'art des églises de Pains à la veille de la Révolutio7i publié par M. Stein^, avec son sarcophage « d'un marbre noir superbe et d'un beau poli, garni de deux consoles ornées de tètes de femmes en gaines, portant des ailes en forme de harpyes^ ». Cette statue alla chez Lenoir* qui l'attribue bien à Boudin. Elle fut envoyée, lors de la dispersion de son Musée, à Saint-Denis, oîi elle n'avait rien à faire. Il y en a un moulage à Versailles

La figure de la princesse est loin d être dénuée d'intérêt : elle est agenouillée devant un prie-dieu dans l'attitude traditionnelle, la tête légèrement tournée vers la droite; la physionomie ne manque

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