‹ Les boudoirs de verreChapitre 1 sur 102 · Les boudoirs de verre · texte numérisé non relu

Les boudoirs de verre

// a été tiré à part dix exemplaires sur papier vergé de Hollande, numérotés à la presse.

^ôi^

Je songe, tout en mettant Vceil à la transparence fragile des Boudoirs de Verre:

« Le poète n attentera pas à la pudeur sacrée des vierges! Il rira avec les filles folles qui offrent à tout venant, — bouquetières de leurs lèvres, — la rose ou l'œillet du baiser ; il écoutera et répétera les jolis bavardages coupables de Jo et Lo avec leur amie ZOy il flirtera, dans le salon japonais, pendant que les maris sont au cercle, avec les mondaines curieuses de péché, chercheuses d'inconnu, avides d'im-

tossihlej qui posent des questions dont elles son elles-mêmes les vivantes réponses ; mais il fuira les belles vierges ! quand même il pourrait conquérir sur leurs bouches, avec le délice incomparable du premier aveu, la possibilité de tous les triomphes et de toutes les grandeurs ; parce qu il n'est pas de joie, de victoire, de puissance, qui vaille d'être obtenue au prix d'une pudeur de moins. Une fois, Aboul- Kaçem-Mansour, comme il achevait de composer un gha^el sous les rosiers géants de Thous, vit apparaître un génie couronné d'or et de pierreries qui lui dit : « Si tu le veux, toutes les richesses de ce monde seront à toi, Ferduçif et tu régneras sur toutes les nations de la terre. — Je le veux! — Va donc dans la clairière de la forêt voisine : cest là que le roi Salomon se reposa, une après-midi d'été, et c'est là qu'il a passé son miraculeux anneau, — comme on met une bague à un doigt, — à la tige verte d'un If s dont la fleur était encore captive dans son étroite enveloppe. Va, prends Vanneau, afin que tous les sceptres, avec tous les trésors, appur tiennent à toi

seul. j> Aboul-Kaçem-Mansour alla dans la clairière, il vit la tige', il vit l anneau, et en effet la tige était dans Vanneau, comme un doigt vert, très long, dans une bague. Mais le poète ne s empara pas du prodigieux talisman en qui réside la réalisation de tous les rêves; car, depuis le temps où le roi Salomon se reposa, une après-midi d'été, dans le bois, la fleur s'était épanouie, largement, hors de son étroite enveloppe, et Ferduçi n'aurait pas pu dégager r anneau sans froisser an peu le beau lis virginal.:»'

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