JO KT LO
— Comment, petite Jo, dit Lo, tu portes des chaussettes ?
Jo et Lo — diminutifs badins de deux noms inconnus, peut-être Joséphine et Lodoïska, — sont incontestablement des personnes mariées, non moins mariées que Cornélie fille de Métellus Scipion et femme de Pompée. Mais il est probable qu'elles ont sur les devoirs conjugaux des idées qui n'étaient point
celles de l'auguste Romaine I L'arithmétiquela plus complaisante établirait difficilement que les appointements du mari de Jo, et ceux du mari de Lo, suffisent à payer les robes de To, trois mille francs l'une dans l'autre, et la Victoria de Lo, douze cents francs par mois. Il y a beau temps qu'elles ont dû jeter, les mignonnes, la robe de noce aux orties ; et ces défroquées du mariage rri^nent, selon toute apparence, une vie de Pulcinellinas.
— Mais oui, petite Lo, dit Jo, je porte deschaussettes. C'est une mode d'été qui est tout à fait jolie. Je ne veux point médire des bas de couleur, pimpants, amusants, fous, — bien que cette gaieté-là, vois-tu, qui divertit l'œil, empêche peut-être d'accorder à la jambe elle-même toute l'attention qu'elle mérite, — ni des bas de soie blanche qui donnent à la rondeur de la chair la sveltesse lisse d'un mol'et de statue. Mais la chaussette, quadrillée de rose et de noir, ou écrue, très peu haute, est adorable. Elle a, par son