‹ Les boudoirs de verreChapitre 61 sur 102 · LE FAUX MAILLOT ^ IQB · texte numérisé non relu

LE FAUX MAILLOT ^ IQB

de leurs rondeurs pareilles à d'énormes perles. Beaucoup de gens, en ce temps-là, blâmaient les femmes pour la témérité du déshabillement ; le costume de bal se hasardait jusqu'au costume de bain. Les maladroites ! elles n'osaient pas assez. J'avais résolu de dépasser leur immodestie, — avec impunité. On m'annonça, j'entrai. Vêtue en Amazone, je portais la tunique flottante d'Antiope ou de Penthésilée, et mes belles jambes de marbre, veinées de bleuet de rose, avaient dédaigné le maillot. Mais on supposa que j'en avais un. Tout le monde le supposa ! Qui donc aurait osé attribuer à la marquise de Portalègre l'impudeur tranquille d'une fille? Je baisai la main de la souveraine entre l'écartement lumineux des groupes, je figurai dans le quadrille royal, je valsai, je bus du Champagne au bufi"et, étalant partout, à tous les regards, l'évidente nudité de ma peau ; pas un œil n'osa s'en croire ! « L'admirable maillot I » disait-on sur mon passage ; un

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danseur, dont le gant me frôla, repoussa tout de suite le soupçon absurbe, un instant conçu, et je vis clairement dans ses yeux qu'il pensait : « Je suis fou ! »

En entendant ces choses, la vicomtesse de Vignerolles se montrait fort décontenancée, étant tout ingénue.

— Mon Dieu! mon Dieul est-il possible dit -elle, que vous ayez eu une semblable audace? Certainement, bien peu de femmes, fussent-elles assurées de l'impunité, se hasarderaient à suivre votre exemple.

— Bien peu, en effet. Pour se permettre, au lieu d'une enveloppe de soie rose, un maillot de peau vive et lisse, il faut un assez rare courage, et quelque chose encore.

— Quelque chose I Quoi donc ?

— Eh ! dit la marquise en souriant, il faut être sûre que le maillot ne fera pas un plil

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