‹ Les boudoirs de verreChapitre 65 sur 102 · LA BONNE VALSEUSE · texte numérisé non relu

LA BONNE VALSEUSE

Très vite, à voix basse, les deux têtes sous l'éventail, derrière la tenture tombée, tandis que, dans le salon voisin, la valse faisait tourner la neige calme des épaules et le halètement léger des seins qui se rosent un peu :

— N'allez pas au cercle, Gontran ! restez à ce bal puisque j'y suis.

— Impossible.

— Je VOUS en prie !

— Un rendez-vous d'affaire.

— Je vous en conjure !

— J'ai donné ma parole.

— Prenez garde ! Puisque vous ne craignez pas de me déplaire... je me vengerai.

— Bon ! de quelle façon ?

— En vous trompant, dit-elle.

Puis elle se retourna vers le salon, dans un froufrou de longue traîne d'où se répandent des guirlandes de roses, et, avisant M. de Marciac ; « Votre bras, mon cher comte, et faites-moi valser. »

D'abord, la main appuyée à peine à l'épaule de l'élégant cavalier, elle ne s'abandonna qu'avec une grâce un peu raide, — presque résistante, eût-on dit, — au lent enveloppement du rythme ; ayant dans l'œil une pensée, fixe, qui obéissait mal à la mollesse de la danse, et rompant quelquefois la mesure ; l'air de quelqu'un qui songe, sur un air, à une autre chanson plus triste. Mais le

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