LES IMPURETES DES EAUX-DE-VIE
relevé ci-contre l)asé sur des statistiques d'analyses. Voici maintenant quel est le taux des impuretés que l'on rencontre dans les alcools naturels et dans les alcools industriels, par hectolitre d'alcool à ioo°; la conclusion est la même que précédemment :
Impuretés par hecLolilre cV alcool.
(Mohlcr).
Eau-dc-vic de marc vraie ou naturelle . 873 ^v.
Cognac vrai 407 »
__ Mauvais goùls de léle . • • 226 »
Kirsch vrai 218 »
Jilau-de-vie de marc fausse 173 »
Cognac fau.K 77 »>
Kirsch fau.x 68 »
Rhum faux 44 »
i'^'' alcool surfin (élhylique) 18 »
2® alcool surfin ' / ; i3 »
^ de \ Alcool extra-fin \ ^ ^ ^ 7 »
In 3 a 77*^ Alcool de cœur '^ Quantité négligeable.
Pour Daremberg (^), « le cognac de trente ans et l'eau-de-vic de flegme de mélasse non rectifiée contiennent toutes deux, par litre, 6/10000 d'acides gras, 3 à 4/ïoooo d'étliers, i/ioooo d'aldéhydes. Le furfurol, n'existe (ju'à l'état de traces infinitésimales dans l'eau-de-vie de mélasse, o gr. 00075, tandis ([u'il s'en trouve presque dix fois plus dans le vieux cognac o gr. oo65 ; mais, d'autre part, l'eaude-vie do mélasse non rectifiée contient deux l'ois plus d'alcools supérieurs que le même cognac, o gr. 80 pour le cognac, 1 i;r. ;<• poui- la mélasse. »
On peut (h)n(! dire, conclut cet cxpériinenlalcur, « que les plus détesta])l(;s caux-de-vie d'iiiduslrie
(') Dnrcmbcrg cité par Vcrhaojçhc. De rnlcooll.sation, p. ', i . Parin,
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non rectifiées ne sont pas plus nuisibles à la sant< que les meilleurs cognacs. »
D'une manière générale, on peut admettre, avec Rocques, que les doses moyennes des impuretés sont les suivantes pour les diverses sortes d'eauxdevie :
Doses des impuretés
par litre d'cileool à loo»
Eaux-de-vic industrielles (dites de fantaisie, fausses, artificielles, etc.) o,i à 'i gr.
Eaux - de - vie naturelles bien préparées
(Bouilleurs de profession) 2 à 7 »
Eaux-de-vic naturelles mal préparées
(Bouilleurs de cru) ^ i\ \i »
La fabrication des eatix-de-vie d'industrie permet d'expliquer en partie leur faible teneur en impuretés diverses. Elle consiste à réduire l'alcool d'industrie du titre commercial de 95-96° au titre des eaux-devie marchandes, c'est-à-dire à 4o-45° et à l'aromatiser par addition d'ingrédients divers désignés communément sous le nom de bouquets artificiels. Or, dans ces conditions, le fabricant a tout intérêt à employer de l'alcool (de grains, de betteraves, de mélasse, etc.) absolument neutre, c'est-à-dire complètement puri-
fié(').
Si, en effet, il employait de l'alcool de qualité inférieure valant par exemple 10 francs de moins par hectolitre, cela ne lui procurerait qu'une économie de 5 francs par hectolitre d'alcool à 4^^, mais d'un
(') L'alcool de choix pour liqueur fine est toujours chimiquement pur; l'alcool de bourse ordinaire pour liqueur commune est presque pur puisqu'il ne renferme que 10/1000 d'impuretés alcooliques. Ce que l'industrie de la distillerie livre au commerce des spiritueux c'est, en définitive, un produit où l'alcool éthylique entre pour les g5 ou 98/100, leau fournissant appoint et les impuretés y étant presqu'indosables.