‹ Les Boulinard, comédie-vaudeville en trois actesChapitre 23 sur 85 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

GÉGiLE.

Gomment, malgré toutes les promesses que Ton vous a fai tes ?

PAUL

Eh! oui! au dernier moment, un collègue du ministre lui a recommandé un nouveau candidat et je suis resté sur le carreau. (Amer.) Et dire qu'à l'heure qu'il est il y a en France un Godard, Godard ! il m'a presque chipé mon nom, l'animai ! qui est nommé sous-préfet à ma place, aux Réglisottes.

CÉCILE

Peut-être avez-vous mal compris... c'est Bodard.

PAUL

Je l'ai cru, moi aussi, tout d'abord, mais j'ai bondi chez monsieur Gargarin, le secrétaire particulier du ministre, qui m'a montré la liste officielle. C'est bien Godard, ancien attaché à l'ambassade de Vienne. Un B au lieu d'un G, c'était moi ! Ah ! pourquoi mon père ne s'est-il pas appelé Godard!

CÉCILE

Qu'allons-nous devenir ?

PAUL

Si monsieur Boulinard voulait seulement attendre le prochain mouvement.

CÉCILE

Lui ! Ah! vous ne le connaissez; pas. Il va accorder ma main aujourd'hui même à monsieur Bruniquel) dans dix minutes.

PAUL

Mais c'est impossible ! on ne sépare pas deux cœurs faits Tun pour l'autre !

Il paraît que si !

PAUL, voit Cécile essuyer une larme.

Vous pleurez, Mademoiselle, vous pleurez pour moi! Ah ! si le ministre voyait ces larmes, il signerait ma nomination tout de suite.

CÉCILE

Et dire qu'il va falloir nous quitter

PAUL

Si j'allais me jeter aux genoux de monsieur Bou- Hnard.

CÉCILE

il vous y laisserait, puisqu'il ne veut pas m'écouter, moi, sa fille.

PAUL

Alors, adieu, Mademoiselle.

CÉCILE

Adieu, monsieur Paul.

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