‹ Les Boulinard, comédie-vaudeville en trois actesChapitre 39 sur 85 · ACTE DEUXIÈME 55 GODAR,D · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME 55 GODAR,D

Alors pourquoi l'appelez-vous le grand?

l^MILE.

Pour qu'on le croie.

GODARD

Une bonne troupe ?

ÉMILE

Il y a la gendarmerie.

GODARD

Je vous demande si la troupe du théâtre, les acteurs, les actrices, sont bons.

ÉMILE

Ah ! la troupe du théâtre ! Il n'y en a pas, Monsieur. Le théâtre est fermé. Monsieur le maire y met ses foins.

GODARD, à part.

Eh bien ! si tous ses administrés sont comme ça... (Haut.) Alors, quelles sont les distractions de la localité ?

Vous avez le tour de ville.

GODARD, ironique.

En 80 secondes !

ÉMILE

La rivière, la promenade des Gigots et la fabrique de corsets qui n'est qu'à trois kilomètres. '

GODARD

Oui, mais les corsets sont vides ?

ÉMILE

Il y en a qui sont garnis.

GODARD

C'est-à-dire qu'on ne doit pas avoir une minute d'ennui. Vous ne devez pas dépenser beaucoup, le dimanche, pour vous amuser. Avez-vous de jolies femmes ?

ÉMlLE.

La dame de Monsieur le maire qui fait venir ses robes de Bordeaux. Elle est assez gentille. Une petite figure chiffonnée. Elle est blonde... depuis cinq ans.

GODARD

A l'instar de Paris ! Et dites-moi, quel est l'esprit de la population!

Le calembour, Monsieur. Ils en font...

GODARD

Oui, le dimanche, sur la promenade des Gigots. Je vous remercie.

ÉMILE, à part.

Un boulevardier de passage. Scepticisme et prétention.

Il sort.

GODARD

Vite un télégramme de remerciement à mon oncle. (II écrit.) « Anatole Godard, Taitbout, 40, Pa- « ris... Ah ! si vous connaissiez RéglisoLtes, auriez « pas eu cruauté y envoyer bon neveu. Vous, bar- « bare! Si obtenez pas changement illico, moi « donner démission presto. Moi, veux pas mourir

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