‹ Les Boulinard, comédie-vaudeville en trois actesChapitre 38 sur 85 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

GODARD, entrant.

Quel pays! Et c'est ici qu'on me nomme Sous- Préfet. Quel trou! La gare, une guérite, les maisons^ des masures. Les rues larges comme ça. En étendant les mains ou touche les murs. Sous les pieds des pavés pointus. Et voilà ma résidence. Les ouvrages spéciaux assurent que les Régiisottes comptent sept mille habitants. Où sont-ils? J'en ai vu onze. Je vais mourir d'ennui. En me faisant nommer sous-préfet, mon oncle m'a condamné à mort. Il veut hériter de moi, c'est sûr. J'ai fait porter mes malles à la Sous-Préfecture, et, comme il est l'heure de déjeûner, je suis venu déjeûner ici. J'irai m'ensous-préfecturer après.

ÉMILE, entrant, à part.

Encore un voyageur! C'est très curieux! (Baut.) Monsieur désire ?

GODARD

Déjeuner, si c'est possible.

ÉMILE

La table d'hôte est à midi .

GODARD, à part.

Je ne puis même pas déjeûner à la table d'hôte. Ma grandeur s'y oppose.

ÉMlLE.

Faudra-t-il mettre le couvert de Monsieur ?

GODARD

Vous me servirez dans un petit salon.

ÉMILE

Bien. Le déjeûner ordinaire?

GODARD

Oui, je n'ai pas faim. Dités-moi, mon ami^ est-ce qû'il y a un théâtre, ici ?

ÉMILE

Oui, Monsieur, le Grand Théâtre.

11 y en a donc deux?

ÉMIX^E.

Non Monsieur*

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