ACTE DEUXIÈME 85 BOULINARD
Vous n'êtes encore qu'au premier plat, ils viennent à peine d'attaquer le veau... Il me semble que vous êtes un peu difficiles pour ce que çà vous coûte.
BOULINGRIN, se levant et jetant sa serviette.
Çà ne vaut pas trois francs un déjeûner comme çà.
DESBOUCHEAU, id.
Çà ne vaut pas trente sous.
DUTILLEUL, même jtu.
Ni même vingt-cinq.
PAMÉLA, à part.
C'est inouï.
BOULINARD, à part.
On n'a jamais vu ça.
Le vieil habitué qui a fini tranquillement de dîner, sort sa pipe, la bourre et se dispose à l'allumer.
PAMÉLA
Monsieur Boulinard. Il va fumer sa pipe celui-là.
Le vieil habitué allume sa pipe.
BOULINARD, bondis&ant.
Ah ! ça, est-ce que vous allez fumer une pipe après chaque plat ! Ah ! non, ça dépasse les bornes. (Prenant le vieil habitué par le bras et lui montrant la porte avec colère.) Allez-VOUS-en !
PAMÉLA, lui mettant son chapeau.
Oli! oui, allez-vous-en!
Le vieil habitué, les regards ahuris, se laisse conduire é la porte en tirant plusieurs bouffées de tabac.
86 LES BOULINARI)
i)li:SBOUCHEAU, à Boulinard.
Monsieur, c'est de l'arbitraire. Devant les tribunaux, si je présidais, vous seriez condamné.
BOULINARD, très monté.
De l'arbitraire !
DUTILLEUL
Et comme nous ne voulons pas nous exposer aux mêmes désagréments, nous vous cédons la place, Monsieur.
BOULINARD.
Eh bien, tant mieux, je ne vous retiens pas.
BOULINGRIN, faiieux.
Faites-nous notre note, monsieur EmiJe^ nous quittons votre auberge.
Il son.
PAMÉLA, à part.
Son auberge !
DESBOUGHEAU
Pour n'y plus jamais revenir.
il sort.