ACTE DEUXIÈME 87 [PAMÉLA
Nous ne soinmes pas ici à la sous-préfecture?
ÉMILE
k la sous-préfecture ? Non, Madame, vous êtes à riiôtel de la Sous-Préfecture... au restaurant, quoi?
BODARD, à part.
Patatras I
PAMÉLA
Mais alors, ce déjeûnear, ces Messieurs?
ÉMILE
Ce déjeûner était la table d'hôie, trois francs par tête, vin compris. On vous le dit depuis une heure.
BODARD, à Boulinard.
Et vous nous conduisez ici !
BOULINARD.
Est-ce que je sais, moi! J'ai dit au cocher : Hôtel de la Sous-Préfecture. Nous allons y aller.
PAMÉLA
Nous allons être la risée du pays.
On entend la fanfare.
BOULINARD.
Eh t)ien, non. Les Pionniers du Progrès I Mon gendre, tout peut se réparer. Nous allons nous rendre à la Sous-Préfecture, escortés par tous ces braves gens. Ce sera une entrée triomphale.
Il va au balcon, la foule applaudit. Il salue
BODARD, à Cécile.
Cette fois nous sommes perdus ?
88 LES BOULTNARD
CÉCILE
Puisque je vous dis qu'il y a un Dieu pour les amoureux, monsieur Paul.
CRIS
Vive le Sous-Préfet.
BOULINARD, au balcon.
Messieurs les pionniers du progrès. (A sa femme.) Ote-toi de là, tu me masques. Ce n'est pas toi qu'on veut voir, c'est lui. (A la foule.) Messieurs les Régiisottins, vous avez raison d'acclamer le pouvoir. Le pouvoir est encore ce qu'on a inventé de mieux pour ceux qui l'occupent.
CRIS
Vive le Sous-Préfet !
Ne partez pas encore, ne partez pas sans nous. Vous allez nous conduire jusqu'à la sous-préfecture.
Applaudissements.
CRIS
Vive le sous-préfet !
BOULINARD.
Merci, mes amis, merci. (La musique reprend.) Allons, en route pour la sous-préfecture.
BODARD, avant de partir.
Seigneur, faites un miracle !
Ils sortent •