‹ Les Boulinard, comédie-vaudeville en trois actesChapitre 74 sur 85 · GODARD, LOUVETEAU · texte numérisé non relu

GODARD, LOUVETEAU

GODARD, entrant, suivi de Louveteau portant une valise.

Tenez, mettez ça là, mon ami. (Le garçon pose la valise.) Elle est triste comme un bonnet de nuit, ma sous-préfecture. (A Louveteau.) Ah ! mon ami, je désirerais voir, si c'est possible, le secrétaire général de la sous-préfecture.

LOUVETEAU

C'est impossible. Monsieur, il vient de sortir en pleurant.

GODARD

Ah ! Il a perdu un parent ?

LOUVETEAU

C'est pire. Monsieur. Il a perdu sa place. Oui, on l'a révoqué.

GODARD

Ah!

LOUVETEAU

Mais si Monsieur veut voir monsieur le Sous- Préfet.

GODARD, à part.

Ah! il paraît que mon prédécesseur, monsieur Taschereau, n'est pas encore parti. (Haut.) Je serais très heureux de faire sa connaissance, mais ne le dérangez pas, je vous en prie, rien ne presse.

LOUVETEAU

Bien Monsieur. (A part.) C'est sans doute un parent.

11 sort par le fond.

GODARD, voit sur la table deux journaux avec leur bande. Il lit la suscription.

« Monsieur le Sous-Préfet des Réglisottes C'est pour moi. Ce sont les journaux de la localité. Tiens! on annonce ma nomination... « Le sympathique monsieur Taschereau nous quitte, frappé par la colère aveugle de nos gouvernants. Son successeur, monsieur Paul Godard, est un jeune homme sans valeur qui a appris l'administration dans les boudoirs des momentanées parisiennes. Espérons que sa présence parmi nous sera comme ces dames, momentanée... » Je l'espère aussi, bon journaliste, je l'espère aussi. C'est l'organe de Topposition. Voyons celui-ci : La partie adverse. (Il ouvre un autre journal.) « Monsieur Taschereau qui mangeait au râtelier du gouvernement depuis tant d'années et qui servait nos pires ennemis, vient enfin d'être frappé dans ses plus chères afi'ections, c'est-à-dire dans ses émoluments. Il est remplacé par un homme de la plus grande valeur, monsieur Paul Godard; ce nom qui rappelle celui d'un aéronaute célèbre, nous permet d'espérer que nouveau fonctionnaire s'élèvera très haut. » Elle a bien de l'espril, la presse locale. Voyons, je n'ai ^amais é'^^é sous-préfet, moi... par où commence-

AOÏE TROISIÈME

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