ACTE TROISIÈME
GODARD, à part. Quel crétin! Je comprends qu'on l'aiL révoqué.
BOULINARD.
Et VOUS, cher Monsieur, que pensez-voas de ce arrondissement?
GODARD
Moi, je n'en pense rien!
BOULINARD, à part.
Ah! je comprends qu'on l'ait révoqué.
GODARD
C'est assommant d'être sous-préfet ici.
BOULINARD.
Non, pas du tout.
GODARD
Eh bien, moi, je trouve cet arrondissement lugubre et j'en ai par dessus la tête.
BOULINARD.
Vous faites contre mauvaise fortune bon cœar.
GODARD
C'est le mot.
BOULINARD.
Croyez qu'au fond je compatis sincèrement à votre situation.
GODARD
Vous êtes bien bon, je vous remercie.
Voulez-vous accepter de partager notre dîner de famille, h 7 heures.
GODARD
Avec plaisir. (A part.) Ah î ça, quand s'en vont-ils, les Taschereau? (Haut.) Dites-moi, cher Monsieur, puis--je vuus demander, sans indiscrétion, si vous avez fixé la date de votre départ ?
BOULINARD.
Mais, pas encore. Je ne suis pas pressé.
GODARD, à part.
Eh bien, il ne se gêne pas. (Haut.) Je vous croyais à la veille de partir.
BOULINARD .
C'est vrai, je comptais partir ce soir, mais je me suis ravisé et je prolonge mon séjour. Et vous, comptez-vous rester longtemps aux Régiisottes ?
GODARD
Longtemps, non.
BOULINARD.
A la bonne heure.
GODARD
Mais enfin, deux ou trois mois.
BOULINARD, à part.
Eh bien, Il ne se gêne pas. S'il croit que nous allons le nourrir.