PIERRE-BENOIT BOULLE
Pierre-Benoît Boulle, qui, si nous en croyons l’ordre des signatures figurant sur l’acte de de'cès de notre grand artiste, fut le second de ses quatre fils, exerça lui aussi la profession paternelle et fut même autorisé à prendre le titre d’Ébéniste du roi. Mais il ne travailla point au Louvre. Entre 1720 et 1725, il quitta l’atelier des Galeries, et alla s’établir au faubourg Saint-Antoine. C’est là qu’il mourut, le 20 mai 1741, dans une situation du reste très précaire. A la requête de deux de ses frères-, Charles-André et Charles-Joseph, les scellés furent apposés sur son maigre mobilier; et l’acte d’apposition, dressé par le commissaire Jérome- Jean Rémy, nous apprend qu’il occupait, dans une maison appartenant à un marchand de bois nommé Moreau, un petit appartement prenant vue sur le jardin et situé au cinquième étage 1 .
Le mobilier d’une simplicité rudimentaire, qui garnissait les trois ou quatre pièces de ce modeste logement, la précaution que la femme de Pierre-Benoît avait prise de ne point admettre la communauté de biens sur son contrat de mariage, la déclaration que firent les trois frères du défunt, demandant qu’il ne fût dressé « aucun inventaire, prisée ni description » des objets placés sous scellés, prouvent assez que l’héritage laissé par ce brave artisan était à peu près insignifiant. On en peut donc conclure que Pierre-Benoît avait mal réussi dans ses affaires, et dès lors il ne faut pas s’étonner que nous ayons sur lui fort peu de renseignements. Les seuls détails d’état-civil que l’on ait pu recueillir nous apprennent qu’il se maria en iy33, épousa Élisabeth Bellard, veuve en premières noces de Nicolas Vié de Savigny, et mourut sans enfants.
1. Nouvelles Archives de l'Art français, nouvelle série, t. V {Scellés et Inventaires d’artistes), p. 2 et suiv.