‹ Les Bourbons et la Russie pendant la Révolution française (d'après des documents inédits)Chapitre 51 sur 71 · LE DUC DE J^EIIKY A PAUL P · texte numérisé non relu

LE DUC DE J^EIIKY A PAUL P

DuLiiu, 2i octobre 1799.

SiRE,

J'ai eu l'honneur de rendre conqtte à Votre Majesté Impériale des retards qui m'avaient empêché de rejoindre

PENDANT LA IIÊVOLUTIOJS 3(57

le corpy dont elle a bien voulu me donner le commundenient ; je m'empresse d'avoir l'honneur de lui rendre compte de mon arrivée, et la prier d'agréer l'hommage de mon respect et de la reconnoissance dont je suis pénétré pour toutes ses bontés, tant en mon nom qu'en celui des gentilshommes que j'ai l'honneur de commander.

Votre Majesté a acquis de grands droits à notre reconnoissance et à notre attachement; cha(|ue jour est marqué par de nouveaux bienfaits : encore aujourd'huy, M. le Prince de Condé nous a instruits à la parade de la bonté avec laquelle Votre Majesté veut bien donner asyle et secours aux officiers blessés ou infirmes qui nepourroient pas servir. Il est d'un grand souverain de récompenser les services de ses fidèles sujets ; mais il étoit réservé à Votre Majesté de combler de bienfaits des gens qui n'ont pas encore pu lui prouver leur reconnaissance, mais qui attendent avec impatience le moment de le faire, en versant leur sang pour son service, j'ose lui en être le garant.

Je désirois vivement avant de partir de Mitau, où j'ai passé trois semaines près du Koy, mon oncle, avoir le bonheur de laire ma cour à Votre Majesté et de lui exprimer toute l'étendue de la reconnoissance dont je suis pénétré envers Elle ; mais j'ai cru que mon premier devoir était de me rendre au corps de cavalerie noble dont elle a bien voulu me confier le commandement, et de ne la prévenir de mon arrivée que lorsque je me serois rendu au poste qui m'est assigné. Je vais, après avoir pris les ordres de M. le Prince de Condé, aller à Lokatze qui est le quartier principal de mon régiment et tâcher de le mettre en état de servir avantageusement Votre Majesté Impériale. Je suis, avec un très profond respect,

Sire,

De Votre Majesté Impériale, Le très humble et très obéissant serviteur,

Charles Ferdinand

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