‹ Les Bourbons et la Russie pendant la Révolution française (d'après des documents inédits)Chapitre 50 sur 71 · LE DUC D'ANGOULKME A PATTE I · texte numérisé non relu

LE DUC D'ANGOULKME A PATTE I

Mitaii, 5 avril 1800.

Sire,

Étant au moment de partir pour me rendre où l'honneur, mon devoir et le service du Roy mon oncle m'appellent, je m'empresse de déposer aux pieds de Votre Majesté Impériale l'hommage de ma vive reconnoissance pour toutes les bontés dont Elle a daigné me combler pendant mon séjour dans son Empire. Forcé de me séparer momentanément de l'être qui m'est le plus cher, et que je laisse ici, j'ose prendre la liberté de la recommander à Votre Majesté Impériale. J'ose espérer qn'Elle me

permettra, si les circonstances et mon devoir n'en ordonnent pas autrement, de revenir passer l'iiyver ici auprès do ma femme. Nous nous réunissons pour supplier Votre Majesté Impériale d'agréer l'hommage de notre respect, de notre admiration et, si elle nous permet d'ajouter, de notre attachement pour sa personne.

Je suis, Sire,

De votre Majesté Impériale Le très humble et très oLéissant serviteur.

Louis Antuinj::.

LE DUC DE BERllY A PAUL T

{Sans date.)

SlUE,

J'ai eu l'honneur de confier à Votre Majesté Impériale les motifs et le but de mon voyage à Naples; le Roy mon oncle a dû lui en faire part, lorsqu'il Ta prié de me remettre à sa disposition pour me faire partir quand le moment serait le plus convenable, c'est donc sous l'auguste appuy de Votre Majesté que je puis me llatter de réussir à contracter l'heureuse alliance que je désire; je viens de passer à Vienne, selon les instructions que m'avoit donné le Roy mon oncle, prendre les ordres de l'Empereur et de l'Impératrice pour la cour de Naples. C'est pendant mon séjour dans cette ville que j'ai découvert combien j'aurai d'obstacles à vaincre pour parvenir à l'alliance que je projeté; j'ai nppris que le cabinet de Vienne travailloit de tout son pouvoir à traverser mes desseins et l'on a même fait partir un courier pour tâcher

cVéLmiiler les bonnes résolutions que Sa Majesté Sicilienne avoit prises en ma faveur.

Il m'est impossible au milieu des iiKilheurs qui poursuivent ma famille de lutter avec civaiiLage contre des adversaires aussi puissants ; j'ose donc avoir recours à la bienfaisante protection de Votre Majesté Impériale. Elle seule a daigné accueillir et reconnaître le Roy et les Princes de la Maison de France. Elle les a comblés des marques de sa bonté et de sa générosité; Elle a, par sa puissance, fait résoudre et elfectuer le mariage de mon frère le duc d'Angoulème avec Mme Thérèse de France, malgré tous les obstacles et les délais qu'apportait la maison d'Autriche; je suis assuré du succès, si Votre Majesté veut encore prendre le mien sous sa protection spéciale parla voie de son Ministre à Naples; dès qu'on saura à cette cour l'intérêt ({u'Elle veut bien y prendre, toute difficulté s'applanira, et l'on accordera tout au souverain dont les armées victorieuses ont ralfermi les trônes de l'Italie.

Je suis, avec un très profond respect,

Sire, De Votre Majesté Impériale, Le très humble et très obéissant serviteur,

GlIAitLES FeIIDINAXD.

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