SCÈNE XI
MADAME CIBOT, puis MARGUERITE.
MADAME CIBOT. — Quc viens-je d'entendre? Estbien là M. Cibot, mon mari? Il est gris ou fou, il n'y a pas là de milieu. Eh bien, puisqu'il le prend sur ce ton -là, moi aussi, je le prendrai : nous avons commencé tous deux avec rien, nous sommes riches aujourd'hui; nous partagerons, nous vivrons chacun comme nous l'entendrons, et nous n'aurons plus rien à désirer.
MARGtERiTE, accourant. — Ali! madame, qu'esl-il donc arrivé à monsieur? Je viens de le voir traverser la cour en criant : » Vive l'empereur! » à tue-tèle. Est-ce qu'il est fou?
MAD.4MK ciROT. — Cela iic VOUS regarde pas. D'où vonez-vous? qu'avez-vous fait, ce matin? Répondez, mademoiselle. D'abord, il faut absolument qu'on change de conduite ici, ou l'on dira pourquoi; je suis lasse aussi, moi, à la fin, devoir aller tout sens dessus dessous...
MARGUERITE. — Maïs, madame, je ne sais pas, moi: j'attends monsieur.
MADAME ciBOT. — Mottsicur, monsicur ! vous ne devez pas attendre monsieur; vous n'avez d'ordre à recevoir que de moi. Monsieur n'est rien ici. entendez-vous? Persuadez-vous-le bien, mademoiselle. Au surplus, je veux et je prétends que la maison soit rangée dans deux heures pour recevoir tout notre monde. Et qu'on ne réplique pas, s'il vous plaît. {Elle sort.)