MADAME PATIN, AGLAÉ
MADAME PATm. — Non, cerlcs, Joseph n'est pas bon.
AGLAiî. — L'autre non plus, allez, madame; elle est bien comme sa maîtresse : toutes les deux ne valent pas les quatre fers d'un cheval.
MADAME PATIN. — Eh bien , je ne sais pas, mais ce matin, à la suite d"uue scène que j'ai eue avec mademoiselle Verjus, je ne croyais plus la revoir.
AGLAÉ. — On m'en a parlé, de c'te scène-là.
MADAME PATIN. — Comment l'a-t-on su?
AGLAÉ. — Je n'en sais rien, mais je sais bien qu'on l'a su, toujours.
MADAME PATIN, — Enfin, n'imporlc : on sait lout ici; vous auriez le hoquet, que, dans cinq minutes, toute la ville le saurait.
AGLAÉ. — El même avant.
MADAME PATIN. — Enfin, pour en revenir à mamselle Verjus, je vous disais donc que je croyais bien ne plus la revoir; pas du lout, voici qu'elle envoie chercher des nouvelles de M. Patin.
AGLAi':. — Par euriosilé.
MADAME PATIN. — Quc ce soit ça ou non, toujours est-il que je dois lui en savoir gré. El puis, moi, s'il faut vous parler francliement, je ne déleste rien tant que d'en vouloir à quelqu'un.
AGLAK. — Tout le monde n'esl pas comme vous.
MADAME PATIN. — Le Hioude a tort.
AGLAB. — Eli ben, madame; puisque c'est comme ça, je m'en vas.
MADAME PATIN. — Vous direz à votre maîtresse que je la remercie bien de son attention.
AGLAÉ. — Oui, madame.
MADAME PATIN. — Quc le médecin a dil que ça ne serait rien, qu'il fallait du repos.
AGLAB. — Oui madame.
MADAME PATIN. — Bien mes compliments.
AGLAÉ. — Je n'y manquerai pas. {Elle sort.)