‹ Les bourgeois aux champsChapitre 58 sur 60 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

PIIILOGÊNE, LE DOCTEUR, le bras passé dans 'la bridcdeson cheval, LE PÈRE PIGOCHET.

PHiLOGÉivK. — Conjour, ni'sieur Bouju.

LE bOCTEUR. — Donne-moi un peu de feu que j'allume ma pipe... Merci, mon garçon.

PH!LOGÈ.\E. — A vout' service, m'sieu Bouju; j "avons loujou c'te douleur dans mon liancbe, qu'pour peu que j'marchions, je n'pouvons quasiment pu marcher.

LE doctei;r. — Bien, bien; c'n'est rien qu'ça?

PHILOGÈNE. — Et pis dans les bras, ça m'prend tout riong d'ilà, m'sieu Bouju, que je n'pouvons pu l'ver le bras.

' L'après-midi.

20i LES BOURGEOIS AUX CHAMPS.

LE DOCTEUR. — Sois iranquillc, va, ce n'est pas

encore ça qui te fera mourir.

puiLOGÉ>c. — Oli ! pour ça, j'crols ben, m'sieu Boujou, j'crois ben quje n'niourrons point pour ça ! El pis j'ioussons, mais j'toussons loujou.

LE DocTKCR. — Il n'y a pas grand mai.

PHiLOGÉSE. — Quand j'venons comme ça à tousser..., j'toussons, mais j'toussons qu'on m'entendrait tousser du fin fond du chœur ed' l'église.

LE DocTETR. — Qu'cst-cc quc lu fais pour ça?

PHiLOGÉ^E. — Dame, jfommes la Irempelleel' soir, avec du pain dans du cidre.

LE DOCTEUR.— Continue, mon garçon, continue; ça ne peut pas le faire de mal.

PHiLOGÈ>E. — Merci, m'sieu Bouju.

LE DOCTEUR. — N'y a pas de quoi ! Bien le bonjour. {Philogène rentre dans sa boutique.)

Page 1