MADAME N A J OT
Un superl)e vieillard, décoré.
MADAME I, A MOU DOUX
Vous l’appelez?
MADAME NAJOT.
Vamapi. Monsieur de Vamapi.
MADAME I.AMÔUROrX.
Ça m’a tout l’air d’un étranger.
MADAME NAJOT.
Il l’est en ciïet. Italien ; d’origine italienne, M. de Vamapi, mais né à Paris ; sa mère, madame de Vamapi, une femme supérieure sous tous les rapports.
MADAME l.AMOUHOUX.
Il a sa mère?
MADAME NAJOT.
Qui l’adore. Une de mes meilleures amies, par parenthèse, la meilleure des femmes ; vous l’avez vue chez moi, monsieur Ijamouroux?
MONSIEUn UAMOUnOUX.
.lamais.
Une tête de camée, de ces beaux profils grecs, un port de reine, un bras de toute beauté, des dents comme de l’ivoire; elle ne vit que dans son fils.
MADAME LAMOUROUX
Elle ne fait que sou devoir.
MADAME NAJOT.
Napolitaine, vive comme la poudre, un cœur comme on n’eu rencontre plus. Excellente musicienne.
MADAME LAMOUROUX
Elle chante?
l'NK KIl.LK A MAIllKH
MADAME NAJÜT.
Comme un ange ! Une voix à faire la fortune d’un théâtre, bien qu’elle n’ait jamais chanté que dans les salons.
. MADAME LAMODROUX.
J’aime à le croire.
MADAME .NAJOT.
Elle rivalisait dans le temps avec madame Pasla ; beaucoup de personnes la préféraient à madame Pasta. Sa voix n’avait pas, si vous voulez, autant d’étendue, pas autant d’éclat peut-être, mais plus de charme ; c’était une flûte, la voix de madame V’apami, à ce que j’ai ouï dire, jamais je n’ai eu le plaisir de l’entendre.
MONSIEUR LAMOUROÜX.
Te rappelles-tn madame Pasta, chère amie?
MADAME I.AMOUROÜX.
Pas le moins du monde.
MONSIEUR I.AMOUROUX
Cette dame, aux Italiens? que uous avons vue ensemble ?
MADAME LAMOritOIIX.
Je ne m’en souviens pas.
MONSIEUR I.AMOUROUX
Qui chantait si bien? avec un faux air de madame Tripet ?
MADAME I.AMOUROUX
Tant que vous voudrez; tout ce dont je me rappelle, c’est d’y être allé une fois, j’y ai eu tant d’agréments que je me suis bien promis de n’y plus retourner.
MADAME NAJOT.
Vous n’ètes pas musicienne, madame Lamouroux?
MADAME LAMOUROUX
Femme de ménage tout bouucmeul .
MADAME .\AJOT.
Rt celte bonne petite fîfille, est-ce (|iie je ne la verrai pas?
MADAME I.AMODROrx.
Elle prend sa leçon. ,
MONSIEUR LAMÜÜROÜX.
Elle sera désolée de ne pas vous avoir vue.
MADAME HAJOt!
Pauvre chère chatte ! Je vais être forcée de vous quitter. Je vais chez madame Corbi ; elle n’est pas bien, la pauvre madame Corbi.
MADAME LAMOCROlîX.
Rt qu’a-t-elle ?
MADAME NAJOT.
On n’en sait rien encore.
MONSIEUR I.AMOUROUX
Nous irons la voir.
MADAME I.AMOUROrXî
Certainement.
MADAME NAJOT.
Une lionne nature, madame Corbi, un peu égoïste peut-être; mais qui ne l’est pas, au siècle où nous vivons? Pensez a cette affaire, ma bonne madame Lamonroux, pensez-y, mais sérieusement, ça en vaut la peine ; vous me le promettez, n'est-ce pas?
MADAME LAMOURüüX.
Je ferai mon po.ssible.
MADAME NAJOT.
J espère, monsieur Lamonroux, que vous n’allez pas vous déranger ?
MONSIEUR I.AMOUROUX
Je vous en prie.
MADAME NAJOT.
.^dieii, ma lionne madame Lamonroux.