SCÈNE VII
COI.LINET, M. TUUCOING, ADOl.PHE TÜRCOINC,
Les messieurs Turcoing !
LOCATAIUKS ET PROPR IKTA I H E
COLLINET
Fais eiilrer. Bonjour, messieurs.
MONSIEUR TURCOINO.
Nous ne vous dérangeons pas?
COI. I l N F, T.
Comment donc...
MONSIEUR TURCOINO.
Nous serions désolés...
COLLINET
Vous plaisantez. Donnez-vous donc la peine de vous asseoir. Françoise I
FRANÇOISE
Après.
COLLINET
Des sièges à ces messieurs !
FRANÇOISE
Ou’est-ce que je fais ?
COLLINET
Il y a une éternité que nous ne nous élions vus, monsieur Turcoing.
MONSIEUR TURCOING
.le nesuis pas venu vous voir, monsieur Collinet, depuis la perle que vous avez faite, il y a de. ça environ six mois.
COLLINET
Mon Dieu 1 oui, c’était un jeudi.
MONSIEUR TURCOING
Deux jours avant, bien qu’elle fût alitée, j’eus riionneur de vous voir, vous ne paraissiez nullement inquiel.
COLLINET
.le ne l’étais pas non plus. Après cela, je vas vous dire, il y avait si longtemps que la pauvre femme se, plaignait, que j’avais fini par ne plus m’en occuper.
MONSIEUR TURCOING
Elle était très-délicate.
LOCATAIRFS KT PROPRIÉTATR K
COLUNET.
Elle ne tenait qu’à un fil, et d’une humeur !... Croiriezvous que je ne l’ai jamais vue rire, c’est à ce )X)int-là.
MONSIEUR TURCniNr,.
.Te le croirais bien.
FRANÇOISE
Nous avons des personnes qui ne rient jamais ; la portière d’à côté, marne Paty, jamais c’te femme-là n’a ri; sans aller pus loin, vous, monsieur Turcoing, jamais vousne m’avez évu l’air content. Vous m'avez toujours fait l’elîet île rire quand y vous tombait un œil. Vot’ jeune homme, lui, c’est différent, je l’ai vu rire et pas mal.
MONSIEUR TDRCpiNG.
En général, nous n’avons jamais été de grands rieurs . dans la famille.
r.OI.I.lNET. '
Comme chez nous.
FRANÇOISE
Ne dites donc pas ça, vous n’abandonnez pas vot’ part aux chiens, une fois qu’ vous y ôtes ; j’ai de vos nouvelles chez marne Pétrin.
MONSIEUR TURCOINO.
A propos de rieurs, n’ètes-vous pas ici chez M. Ooiijel?
cou. INET.
N'ayant plus ma femme, mon logement me devenait trop grand, c’e.st alors que je suis venu dans sa maison.
MONSIEUR TURCOING
Nous aussi, nous serons forcés de quitter le nôtre.
COULINET.
.\ii fait, je n’y songeais pas ; mais nous voilà tous deux logés à la môme enseigne.
IJUJAI'AIHES El l’KOl’lUÉTAlUE iW
MüNSlEIjK TUKCülNli.
J’ai eu le malheur de perdre la mienne depuis ijue nous nous sommes vus; vous avez raison.
COLLINE r.
(l’est inouï la quantité de connaissances ijuc j’ai dans la même position; vous, M. Camion, madame Lebruslé. M. F binapré... qui donc encore'?
FRANVOISE.
La l'ruitièrc d’en l'ace.
COLLINEl.
Au nom du ciel, Françoise, laisse-uous tranquille! Vous avez la malheureuse habitude, toutes les fois (ju’il m’arrive de prendre la parole, de me la couper; c’est intolérable! Je ne sais en vérité plus où j’cn suis !
- C’est-y manie Monju , ipic monsieur veut dire qu’est morte?
COLLINET
Ibéciséinent.
MONSIEUR TUUC.OlNC.
Madame Monju est niorle?
FRANÇOISE
Et enterrée.
COLLINEl.
Vous n’en saviez lien ’?
.MONSIEUR TLRCOINL.
(l’est-à-dire que je l’ignorais complélenient.
FRANÇOISE
En trois jours et demi, ça ii’a pas été long. Elle esta Montmartre, comme madame.
.MON.SIEUB lUUCOINü.
(lui, cirectivemeiit, madame Collinel...
COLLINEl.
Est à Montmartre. . .
ÔOO
LOCATAllUiïü ET l'Rül'KIÉTAlKE
FRANÇOISE
En ciilrant à droite...
COLLINE!
J’aime assez Montmartre, c’est une promenade, on n’a pas tout Paris à traverser ; ma femme seiait au Père-Lachaise, jamais je n’irais.
MONSIEUR TURCOING
Nous étions, mon fils et moi, à la campagne, lorsque j’apjiris le coup terrible qui vous est venu frapper. Et votre ilemoiselle?
1 RANÇOISE.
Très-bien, je vous remercie, elle est chez sa tante.
MONSIEUR TURCOING
Ça a dù lui faire un grand vide.
COLLINE!
Très-grand, elle aimait beaucoup sa mère.
MONSIEUR TURCOING
C’est bien naturel.
COLLINE!
Et vous, monsieur Adolphe, vous vous occupez toujours?
MONSIEUR TURCOING
Toujours. Le voilà qui fait son droit.
COLLINET
Vous voulez en faire un avocat ?
WONSIKUR TURCOlNü,
Si nous pouvons.
FRANÇOISE
Moi, mou juemier service, c’était un notaire.
COLLINET
Vous avez renoncé au commerce?
MONSIEUR TURCOING
Oui et non. Le commerce. .. aujourd’hui... et, d’ailleurs, vous le savez comme moi...
LOCATAlllblS ET l’HOlMUÉTAlUE
l-.OLI.IXKr.
A qui le dites-vous !
l'K ANÇOISE.
Je vous conseille d’en parler connne ça, du commerce, quand le plus beau d’vot’ nez en est fait ! Dînez-vous ici, monsieur Turcoing?
.MÜNSIEUK niiCOISü.
Je vous rcinercie iulinimeut.
KKA.XÇOISE.
Bien vrai?
MO.NSIEUK TURCOlXl..
Je ne puis avoir cel liomieur.
ir.Axçoisi:.
Voyons, décidez-vous, je n’ai pas encore élcaii maiclié.
MO.NSIEUR TUItCÜING
Non vraiment, sans cérémonie, nous n’avons rien dit à la maison.,
nsAXÇUISK.
Si ce n’est que ça, j’y ptisserai. .Ainsi c’est convenu, pas vrai ?
MONSIEUn TURCOINO.
Vous faites de moi tout ce que vous voulez.
KRAXÇOISE,
A six heures, monsieur Turcoing, heure militaiic.
MOXSIEL'R TÜRCOI.XG.
Nous avons tellement de choses encore à faire!
IRAXÇOISE.
Raison de plus pour vous déjiècher... (Ousoimc.) Qui nous arrive encore? Bon ! .M. Goujet!