‹ Les bourgeois de Paris scenes comiquesChapitre 154 sur 175 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

SA AAISSASUÜ, SÜ.N ÉDOCAïlO.N, SKS 1-RE.MlÈliES A.MiÉliS.

Eliosc l)icn cLr:iiij>c ! Le Hourgeois semble être veini Jii monde pour la première Ibis à cinquante ans, avec desclieveux gris, des lunettes, un gros ventre, un habit noir et des bas blancs. C'est le moment ou jamais de le saisir; plus jeune, il n’est pas mùr, pas encore développé ; on sérail fort embarrassé s’il fallait l’analyser ; ce n’est pas grand’cliose, ce n’est rien. Enfant, c’était un petit prodige; on lui demandait : •

— Gomment se porte voti e papa, mon petit ami ?

Il vous répondait aussitôt et sans balancer ;

— Une Chariot, n” io, au Marais.

— Et votre maman, est-elle toujours à la canqmgne?

— Une Chariot, iT 45, an Marais.

— Complc-t-clle bientôt revenir?

— Rue Chariot, n° 45, au Marais.

A chaque nouvelle question, toujours il opposait sou adi esse; impossible d’en tirer davantage, c’était à y perdre son latin ; aussi le laissait-mi là ; c’était ce qu’on avait de mieux à faire.

.Si sort papa, le même dontoii lui demandait des nouvelles, avait le malheur de se tromper, ce qui lui arrivait assez souvent, car de sa vie le pauvre cher homme n’avait pu dire un nom sans l’écorcher, le petit garçon le remettait à l’instant sur la voie, ce qui déplaisait fort à l’auteur de ses jours ; mais il n'y, avait pas à dire ; la maman le trouvait charmant et lui prodiguait lesqjlus doux noms : c’é-

I,K nOUROFOIS

si:.

Inil son tréanr chM, son dini d’nmonr, le pmilH à .w mimin, son suUan â'cKiréiwnt ; elle* l’inonclail de donrps larmes, le eonvrait des plus (endres caresses.

A cinq ans, nous récitions, an dessert, la fable du CiOrbean et du Renard ; plus tard, nous passions en revue les rois et les reines de France, les princes et les princesses, les rues et les carrefours, les balles et les marchés, les cbcfs-lieux de département, l’année, les jours, l’heure où Josué, qui avait arrêté le soleil, quittait pour un monde meilleur celle vallée de misères et de larmes ; à dix-liiiil ans, nous avions terminé nos études, après avoir fri.sé le prix d'honneur ; nous savions ex professa le grec et le latin; mais pas la moindre idée de l’orthographe, une ignorance crasse des premières notions de la civilité puérile et lionnètc ; nous |tarlious la bouche pleine, nous mettions nos coudes sur la table, nius û^ns, en un mot, de forts tristes sujets, des ours horriblement léchés.

Le Bourgeois, assez ordinairement, possède une belle main, grâce à monsieur son père, qui, dès sa plus tendre enfance, lui a constamment corné aux oreilles qu’il fallait non-seulement manger du bouilli, du pain avec toute chose, mais qu’avec une belle main on arrivait à tout, ce qui est une erreur, et des plus grossières, j’en demande bien pardon ù ceux qui sont de cet avis ; c’est au contraire un malheur dansbe;mcoup de circonstances, et un Irès-gi’and, le plus grand peut-être (|ui puisse arriver à un jeune homme, de posséder une belle main. Sans aller chercher midi à quatorze heures, voyez, dans les administrations, le sort réservé aux possesseurs de belles écritures ; que deviennent-ils? expéditionnaires. Les belles mains sont rares, on les garde. Il en es^e même de toutes les belles mains.

et cela dans loulei lithogi'aphie, ia,*i Bourgeois, à moiii^

irrières : dans la pharmacie, la irgie et la diplomatie. Aussi le e né sur le trône ou aulremcni.

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fait-il rarcmeiil son affaire s’il a le niallienr de posséder line belle main.

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