I.H MOl'Rr.ROIS
— Vous avez beau dire el lieaii faire, nous avons rendez-vous à sept heures, et je neveux pas qu’il soit dit que nous nous soyons fait attendre; pas jxnir un empire, je ne le voudrais pas, pas pour uu empire.
— Mais, monsieur, il n’est pas quatre heures; vous avez le temps d’ici à sept.
— Et ma barbe, malheureuse, et ma barbe?
— Madame n’est seulement pas encore réveillée, elle <pii n’en finit jamais!
— Elle s’habillera pendant le temps que je mettrai à me-faire la barbe.
— Écoutez, je le veux bien.
— Mon eau, chère amie, mon eau !
— Attendez un moment, que j'allume mon feu.
— Mon Dieu! mon Dieu! vous allez être encore une éternité à tout préparer ; vous êtes vraiment bien singulière, c’est la ebosedu monde lapins simple. Tenez, voyez, vous prenez la lx)îtc aux chimiques ; où est cette boîte? Ne vous dérangez pas. restez là; je veux, une fois, vous faire voir ce que c’est que d’allumer un feu. La voici : vous prenez votre boite, l’ouvrez ainsi ; vous vous munissez d’une alumette ; vous la frottez vivement dessous la boîte où elle est sablée, ainsi que l’indique le programme; puis, une fois enflammée, vous communiquez le feu au papier disposé à cet effet; vous avez soin d’approcher votre papier du charbon ; vous prenez de l’eau dans un vase quelconque, une bouillotte, n’importe quoi ; puis vous vous mettez le tout sur le feu ; une fois chauffée au degré désiré, vous versez votre eau dans un bassin; vous préparez votre savon, saisissez vos rasoii-s, puis vous vous faites la barbe. Mais tout ce que je vous dis là devient parfaitetement inutile, car je ne me trompe pas, vous avez recommencé un nouveau somme... Françoise!... Française!...
— Monsieur?
LE BOURGEOIS
— Kli bien ! que vous ai-je dit?
— Je ne sais, pas moi : je m’étais...
— Vous vous étiez endormie derechef.
— Dam! c’était, ma foi, pas la peine de me faire lever |K)ur vous voir faire.
— Alors mettons que je ne vous aie rien dit. Je vous demande pardon de vous avoir dérangée de votre carrosse.
— Vous êtes tout pardonné, allez.
— C’est bien heureux et je vous en remercie. Bon !
— Qu’est ce qu’il vous arrive?
— Vous êtes une terrible tille! vous êtes là à tourner sans cesse autour de moi. Que le bon Dieu vous bénisse ! je viens de m’abattre le favori droit ; qu’avez-vous besoin de tourner ainsi comme un toton?
— Et vous, de me faire lever pour vous regarder faire !
— Retournez vous œucher si vous voulez, mais laissezmoi.
— Plus souvent, à présent que me voilà sur pied !
Au moment de partir madame n’est pas prête ; la couturière, le tailleur ou le chapelier arrivent.
J — Qui vient de sonner, Françoise?
— Le tailleur de monsieur, madame.
— Dites-lui que nous allons sortir, qu'il revienne.
— Mais, chère amie, tu n’y penses pas, faire revenir ainsi les gens !
— Alors venez m’habiller; à six heures nous n’en aurons pas fini avec votre tailleur. Bien le l)onjour, je vo\is laisse et m’en vas chez moi. (Elle sort.)
— Bonjour, monsieur Schilmann.
■ — Bien le bonjour, monsieur.
— Vous m’apportezmon habit... c’est très-bien... Comment trouvez-vous mon drap?
— Très-bien, monsieur, très-bien.
— Etjpas cher.