E BOURGEOIS
voulais plus lieu cire à l’avenir? Tu sais ce qu’il t’en a coulé pour avoir été quelque chose. A peine sommes-nous iiislalk^ ici, que déjà le voilà membre du conseil municipal. 11 t’a l'allu, l’autre jour, par une pluie battante, l’en aller arpenter une pièce de terre là-bas, dans les marais, dans l’eau juscpi’à la ceinture; le beau plaisir! Et le soir, pour t’achever de peindre, les charretiers de l’homme auquel tu as donné tort sont venus carillonner toute la nuit à ta porte, et manger les poires et ton raisin. Te voilà bien avancé, n’est ce pas? C’est la gloriole, et pas autre chose, (|ui t’a toujours fait faire des sottises. Je le vois à ton nez (jui frise, te voilà ravi d’ètre de la fabrique, parce qu’à la procession lu tiendras un des cordons du dais. Et dimanche, quand il a été question de baptiser la nouvelle cloche du village, que madame la baronne de Saint-Lambert a fait confectionner avec sa vieille batterie de cuisine et des monacos... tu t’es éorié avec une inquiétude qui trahissait bien ton ambition insatiable.
— Je ne me suis pas écrié du tout.
— Tu l’es écrié: « (Ju’est-ce cpii serale parrain? » Si lu l’es... parrain, c’est bien tout au plus si ce jour-là lu daigneras me regarder, tant lu seras tlainbanl. One n’essayerais-lu, |jendanlque tu y seras, d’organiser ici une petite compagnie de voltigeurs? ce serait une belle occasion de faire prendie l’air à ton habit, qui se mange aux vers.
— Pardon, chère amie, je suis forcé de le quitter.
— Je ne le retiens pas.
— Je m’en vas voir un peu à ranger ce bois que François Pichard m’a amené ce matin.
— Ce Pichard-là m’a tout l'air d’un aigrefin ; méliet’en.
— (i’esl un bon diable, je l’assure.