I.K boiiu;e(»is
— Ju le veux bien.
— Victoire est-elle ici '!
— Je ii’cn sais rien; j’en doute. Pas moyeu de la faiic tenir eu place, cette lille ! Je l’ai envoyée ce matin en commission, en voilà pour toute la journée.
— Ail ! la voici.
— Victoire, tu vas m’aider à ranger mon bois.
— A la bonne heure ! voilà du vrai bois. A Paris on ne connaît pas le vrai bois ; je ne sais pas ce qu’ils introduisent dans le combustible de ce pays-là, mais on voit qu’il, soulTre en brûlant : le bois de province brûle gaiement; celui de Paris se consume en pleurant.
Le Bourgeois à la campagne monte à cheval, mais si mal, avec si peu de grâce et d’agrément, qu’il y renonce presque aussitôt. Il n’en garde (las moins sa monture, qu’il nourrit et qu’il héberge pendant des années, en attendant qu’il se donne une carriole qui n’arrive jamais.
Les soirées d'biver sont longues, surtout à la campagne; elles se passent tiistcment ; monsieur roupille en lisant sou journal, et ;nadame gourmande sa bonne. La chère dame <) si bien accueilli tous les gens qui sont venus la visiter, (ju’ellc ne voit plus personne et n’est reçue nulle part. Elle ne sort plus que le dimanche pour aller à la messe, accompagnée de son époux.
Et le pauvre et digne homme reçoit incessamment le contre-coup de toutes les vexations, de toutes les petites avanies dont madame son épouse est l’objet.
— Tiens, vois donc ce M. Briantet, s’il m’ôtera son chapeau! Comme je me félicite de l’avoir mis à la porte, celui-là! Et cette madame Maurisseau, comme elle si* carre ! elle écraserait tout le monde si on la laissait faire. Tu n’as pas vu son tils aîné, comme il m’a fait la grimace en passant auprès de moi?
— Non, chère amie.
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— Çii, je lo crois ; on nio foulerait aux pieds, (|ue lu trouverais cela tout simple et tout naturel. Je suis curieuse (le savoir si aujourd’hui ou daignera ni’olTrir du pain bénit. Mais ne, va donc |>as ce train-là, ou je te laisse aller tout seid ; tu vas comme un Basque, et je vais arriver à l’église essoufflée comme un vieux bidet de poste.
Le soir on reçoit deux ou trois personnes, tout au plus, assez courageuses pour affronter la mauvaise humeur de la maîtresse de la maison, qui viennent jdutcM encore par charité que par plaisir.
Quand le Bourgeois a passé à la campagne le temps voulu pour ne pas passer pour un étourneau qui ne sait ce qu’il veut, il vend sa maison à un prix bien inférieur à celui qu’elle lui a coûté, malgré les notables améliorations qu’il a fait faire. La santé de madame sert de prétexte à dissimuler la vérité ; il retourne à ses dominos, à ses habitudes ; les rangs de ses anciens partnei’s se sont tant soit peu é(daircis, madame a repris ses anciennes habitudes. Tous deux renoncent, à tout jamais, aux douceurs de la vie champêtre, et jurent, mais un peu tard, qu’on ne les y prendra plus.
r.HAPlTRE IX