I.E l‘KIi E MIC 11 Al
T’as bé fait, si lu les as lié faites.
THÉOPHILE
Sans ça !...
LE PÈIIE MICIIAl.
Va sans dire que lu vas avoir tout son bien, l’plus bon et l’plus lin.
THÉOPHILE
La maison itou.
LE PÈRE MICHAl.
L’ as-tu point déjà achelée, sa maison?
THÉOPHILE
.Son pressoir quej'ous acheté.
LE PÈRE MICHAU
Tu l'as point payé cher ?
THÉOPHILE
Qui vous l’a dit?
LE PÈRE MICHAUi
OÙ ça que t’aurais été prendre l’arf^eiit, pis que tu n’en as point?
THÉOPHILE
Fallait ben que j’en eus.
LE PÈRE 'nichai.
C’csl-y ta mèrCi avec ses dix-sept enfants, qui t’eu a laissé ?
PK campai; N K 153
THÉOI*HII.E.
El ma marraine?
LE PÈRE MICIIAL'.
C’est vrai, j'y pensais pins; c'est core iin pareil commerce que t’as fait avec.
THÉOPHILE
Ben sûr que je l’avons point gardée pour rien.
LE PÈRE MICIIAU.
CoinLien de temps que tu l’as gardée?
THÉOPHILE
Quatre ans tout d’une filée.
LE PÈRE MICIIAU,
r.ombien qu’t’as gagné dessus 1
THÉOPHILE
J’ons point gagné moitié Lie ce que j’ons dépensé.
LE PÈRE MICIIAU.
Queu qu’t’as dépensé '? t’avais pas le premier sou.
THÉOPHILE
Et mu peine?
LE PÈRE MICIIAU.
Queu peine? T’en avais approchant comme avec ton tailleur ; depuis que je suis là à relever le mur à Thurot. v’ià d’çà près de huit jours, je ne vois que toi sur l’cliemin.
THÉOPHILE
Faut y point que j’plantions nos pommes ed' /an'fi?
LE PÈRE MICIIAU.
Quoi qui fait ton vieux tailleur durant que t’es point là?
THÉOPHILE
Y se repose.
LE PÈRE MICIIAU. ' '
Sois ben tranquille, si jamais je viens à être pris d’un coté, c’est point core loi que je dérangerai pour avoir soin de moi.
l,KS BONNKS liRNS
THÉOPHILE
Vous en aurais d’aut’s.
LE PÈRE Mir.ll.vr.
■l’eu aurons point.
THÉOPHILE
Faura ben, pis qu’vous n’avez point d'afants
LE PÈRE MICIIAU.
Sans compter que la vieuille [emmo. au cordonnier, elle en a, des enfants qu’en ont ben pris du mal après, pas vrai ! depuis qu’elle a fait ses partages, c'est à qui n’oii voudra point, ni d’ses garçons ni d'ses filles.
THÉOPHILE
Qui ça qui dit qui n’en voulont point? Doit-elle point aller passer quat’ mois cheux cbacun, sa vie durant?
LE PÈRE MICIIAU.
Y l’y ont promis.
THÉOPHILE
Eh ben?
LE PÈRE MICIIAU.
Comment qui les ont tenues leux promesses ! V’ià bentôt six mois qu’elle est dieux la Morotte.
THÉOPHILE
Queuqu’ça prouve, si la Morine a paye la Morotte pour la décrotter? d’quoi qu’as’ plaint, e’te vieuille cordognière ilà?
LE PÈRE MICIIAU.
A s’plaint point, pis qu’elle est comme ton vieux tailleur, qu’a peut point parler.
THÉOPHILE
C’étiont donc quasiment comme une souche ?
LE PÈRE MICHAU
Ne pu ne moins, a bouge plus ; ous-ce qu’on la met, faut qu’a reste.
DK CAMPAGNE
THÉOPHILE
Ah ! qu'a ferait bé mieux il’ s’eu ralourner d’où qu’a vient! Quoi qu’a fait d’ouvrage sur tarre? a tourmenté ses afants, pas aiit’ chose, d’autant qu’allé a d’bons biens.
LE PÈRE MICHAL.
A les a plus, pis qu’elle les a donnés.
THÉOPHILE
Et c’te belle pièce ilà, cont’l’clos à Véronique?
LE PÈRE MICHAU
C’est-y point n’au maréchal?
THÉOPHILE
Et le bois du Roquet et ses aimais ?
LE PÈRE MICHAU
A Thonoas Bêtu.
THÉOPHILE
Et la pièce qu’allé y mettiont ses vaches '!
LE PÈRE MICHAU
A Thomas Bêtu .
THÉOPHILE
C’est fichu ! T'nais, c’étiont des bêtises que d’viv’ si yieux ; à quoi qu’ça leux sert? à embêter leux z’afants.
LE PÈRE MICHAU
Je sais ben que quand j’pourrai pu travailler, je demande à m’en aller, je ne veux pu tourmenter personne.
THÉOPHILE
Vous dit’s ça.
LE PÈRE MICHAU
Aussi vrai comme je m’appelle Michau de mon nom.
THÉOPHILE
Vous ferez comme les aut’s, marchez.
LE PÈRE MICHAU
Tiens! tiens! les poules ton vieux tailleur dans la filas.se à la Gillotte !
IBS BONNES GENS
ir,B
TUKOPU ItE.
San» comptai» qu a peuvent ben y aller, ie$ siennes à la Gillotle ii’démarront point d'son avoine : pourquoi qu^’ les celles à père lailleiu' iririont point dans sa lilasse? N’a r’- VOir. (Il s'éloiKne.)