LE .MA.1MEL' VHE
C'etiont [Huiit vrai, dà '. ce qu’a l’aviont dit sus fcomptc d'Ia mèreBesnard, c’te vieuille bique d’Gillotte-ilà?
LE PERE «ICIIAV.
Elle a jamais passé jxmr une bonne pièce non plus ; ils ont dit que si son bonime était raOrt, elle y était ben pour qiieut’ obosc, fa mère Besnard.
DE CAMPAGNE
LE manœuvre:.
Cétionl tout d’mème point n’à elle à dire ça. D’tout temps, n’a-l’on point jasé?
LE PÈRE MICBAU.
De tout temps, c’est bé vrai.
LE MANŒUVRE
C’est comme durant qu’vous étiez point n’ici ; pu souvent qu’on vous a point n’habillais d’Ia tête aux pieds 1
LE PàRE MICHAU.
Qui ça; les ceux qui m’ont habillé?
LE MANŒUVRE
Approchant tout le monde, vot’ biau-frère en tète.
LE PÈRE MICHAU
.Si j’y avais laissé tout mon bien, p’t’èt' ben qu’il en aurait dit tout autant: mais ni li ni les aut's n’en verront rien, quand je d’vrais 1’ manger.
LE MANŒUVRE
Y disiont qu’vous preféreriais l’boire,
LE PÈRE MICHAU
J’ferons comme je l’entendrons.
LE MANŒUVRE
Et ben qu'vous fivais.
LE PÈRE MICHAU
Oh [ mais oui.
LE manœuvre.
T’nais, père Michau, v’ià François Morel qui moule la vieuille rue ; l’voyais-vous point?
LE PÈRE MICHAU
Où ça qu’il est ?
LE MANŒ.UVRE. ■
Là-bas, cont’ les penpes*, à la Michntle.
* Peupliers.
l.ES BONNES GENS
LE PÈRE MICHAC.
Peut-êU’e qui s’en vient chercher son vieux tailleur.
LE MANŒUVRE
Bé sûr ! A preuve qu’il a pris son panier.
LE PÈRE MIC H A U
Begacde-le donc comme y file le long de la grange à Germain Pilard. Y pense point, tant seulement, d’ôter sou iKinneten passant devant la croix.
LE MANŒUVRE
Pourquoi donc qui Tôteriont, pis qu'il étionl brouillé aveucq Thon Dieu. '
LE PÈRE MICHAU
Quoi qu’va fait, l'Ixm Dieu, y a-t-il fait des sottises?
LE MANŒUVRE
Pourquoi que l’curé y a point donné son du pour avoir sonné l’baptème au p’tit à la Rouquette? aussi qu’il aviont quitté l’chœur, François Morel, où qui chantiont d’père en fils; j’disons à ça qu’il a hé hût.
LE PÈRE MICHAU
Y n’a point dit qu'il avait appelé le curé vieux corhiau et vieux vendeux de messes?
LE MANŒUVRE
Pourquoi qui y a r’tin son dù ? •
LE PÈRE MICHAU
C’est donc ben gentil de dire des choses pareilles à un prêtre !
LE MANŒUVRE
Pouripioi qui y a r’tin son dù? , •
LES MÊMES, GERM.UN PITAIlD.
GERMAIN l’ITARD.
Avons VU François Morel, qu’a passé d'vani not’ porte?
DE CAMPAG NE I l'J
‘ LE PÈRE MICIIAI’.
A moins d'ctre aveugle.
LE MAH(Ei;VRE
Va-t'y point sarclier, l’père tailleur?
GERMAIX PITARD.
.IVrais lié qu’oui.
LE P È R E' M r n H A U.
Dam! autant li qu'im autre, ’apivs tout, pis qui leux sont parents.
GERMAIN PITAUn.
Ça serait moi, que j’irions point m'eu embarrasser, pis qui laissent l’iiiis hou et l’pus clair de sou bien ii’a Tophile.
LE PÈRE MICHAU
Moyemiaut que Tophile en aurait soin, mais Tophile u’en prenant point soin... bernique! sans compter qu’c’ctail beu!
GERMAI A PITARD. ,
Mais qu’ou a siné dieux eiu notaire, c’élioiit-y point tout comme si qii’oii eût passé n'eiu contrat ? T)oit-on point l'teni? C'étioiit-y sa faute à Tophile, si c'étiont une vieiiille liourriqiie, l' vieux père tailleur, qui saviont pu connaître sa gauche d’sa drette? J’disons qu’o’ét.ioul point sa faute.
LE MANŒUVRE
Mais sa paine. à Tophile, qiieii ipii la payera ? qui va la payer ?