I.KS FACHEl’X
ICiO
nONSIEUR PAMAHD.
' Kilo il’est |)!is venue, cela lui a donné de rhimieiir...
MONSIEUR PLANTIN
C’est bien fait pour ça.
MONSIEUR PAMARD
.Nous lions sommes mis à lalilc fort lard... •
MONSIEUR GOUJ ET
.Mauvais système.
MONSIEUR PAMARD.
Son dîner ne lui a pas réussi ; le soir elle a voulu sortir, plutôt [lour SC distraire qu’antremeni ; elle a eu eomme (les espèces d’étouffements.
MONSIEUR PI.ANTIN
Je me méts bien à sa [daee,
MONSIEUR PAMARD.
Rlle a peu dormi; bref, elle va mieux, si vous voulez...
MONSIEUR G OUI ET
Je ne demande pas mieux.
MONSIEUR PAMARD.
Mais toujours un peu souffrante.
MONSIEUR PLANTIN
Faut esjiérer que ça ne sera rien.
MONSIEUR PAMARD.
'fout me ixirle à le croire ; tout cela depuis la jierte de sa fille.
MONSIEUR GOriET.
Cela pourrait bien être.
MONSIEUR PAMARD.
J’ai beau la raisonner...
MONSIEUR PLANTIN
Ci'esl bien difficile.
MONSIEUR PAMARD.
Lui dire que tout ce qu’elle fera et rien...
A ÜOMICII.K
MONSIEUR GOOJET.
Ce sera exactement la -même chose.
J MONSIEUR PAMARD.
C’est plus fort qu'elle, jamais elle ne piemlra le dessus.
MONSIEUR PLANUN.
f.e temps est un grand maître.
MONSIEUR GOUJET
Cn grand maigre, vous vonle/ dire;
MONSIEUR PAMARI».
Voire soirée était délicieuse! monsieur, Plantin.
MONSIEUR PLANTIN
Bien modeste, monsienr Pamard. bien modeste.
MONSIEUR P A M A R n.
Il y avait tout un essaim de jolies femmes.
'foutes plus charmantes les unes que les antres, ce ipie je disais tout à l'heure.
MONSIEUR PAMÂnn.
Bes toilettes d’un goût, d’une distinction... .le n’ai pas VII les Hérisson ; seraient-ils iiidispsés?
MONSIEU R GOUJET
.Ne réveillons pas le chat qui dort.
^ MONSIEUR PAMARI).
Comment! vous notes jTas hronillés?
MONSIEUR GOUJET
Je n’en mettrais pas ma main au (en.
MONSIEUR PLANTIN
J’ai omis de les inviter.
MONSIEUR PAMARI).
Vous ne les avez pas invités?
MONSIEUR PLANTIN
P.ir une cause bien indépendante de ma volonté.
LES FACHEUX
MONSIEUR PAMARO.
Vous VOUS êtes mis là dans de jolis draps : je vous eu fais mon compliment. Ah çà ! ils doivent être furieux !
MONSIEUR GOUJET
C'est la réflexion que je faisais à monsieur avant votre arrivée.
MONSIEUR PAMARD.
Mais comment diable n’avez-vous pas songé à cela? Furieux est le mot, surtout du caractère dont je les connais. Mon pauvre monsieur Plantin ! je donnerais je ne sais pas quoi pour que cela ne fût pas arrivé.
MONSIEUR GOUJET
C’est qu’il n’y a plus à revenir.
MONSIEUR PI.ANTIN
Figurez-vous que nous les croyions parfaitemeut invités.
MONSIEUR PAMARD. ^
Oui pouvait vous le faire croire?
MONSIEUR PLANTIN
Ma femme m’av.ait dit avoir chargé quoiqu’un de leur en parler.
MONSIEUR PAMARD.
Elle n'en a rien fait, à ce qu’il parait.
Que voulez-vous que je vous dise ?
MONSIEUR PAMARD.
Mais on écrit, monsieur Plantin, on écrit. Vous m’avez bien écrit; [wnrquoi ne pas leur avoir écrit?
MONSIEUR GOUJET
C’est encore la réflexion que je soumettais à monsieur.
MONSIEUR PLANTIN
Depuis qu’il a été question de cette petite réunion, c’é>
A DOMICILE
lail comme un fait exprès ; nous qui les voyions tous les jours, impossible de jx)uvoir les rencontrer.
MONSIEUR P.VMARD.
Raison de plus pour leur écrire, d'autant qu’ils ont un beau-frère qu’il leur a fallu trimballer partout, auquel ils eussent été peut-être bien aises de faire voir votre j)e-
tite réunion Vous l’avez vu oe parent , monsieur
Goujet'l
J’ai eu le plaisir de le triniballei’ aussi.
MONSIEUR PAMARD.
J’en reviens toujours à mes moulons : ou écrit, mou cher monsieur; f|ue n’avez-vous écrit ?
MONSIEUR GOUJET
Jamais ils ne vons le pardonneront, jamais, jamais, j.iluais.
MONSIEUR PAMARD.
Je ne vais pas si loin ; toujours est-il que ce sera long. Si ce n’est, à tout prendre, que le résultat d’une erreur, peut-être parviendrez-vous à leur faire entendre raison ; c’est possible, je n’eu j-épondrais pas... Mais les Hérisson ne sont pas comme tout le monde, ils sont et ont toujours été d’une susceptibilité... dont rien u’approcbe, ils en sont ridicules.
MONSIEUR GOUJET
A qui le dites-vous?
MONSIEUR PLANTIN
Au fond, de bonnes et excellentes gens.
MONSIEUR GOUJET
Très-serviables.
MONSIEUR PAMARD.
Toujoure prêts à se mettre au feu pour le premier venu,
' MONSIEUR GOUJET
Croyez-vous que cette grande susceptibilité leur ait coU'
LES FACHEUX
sefvé l>eaucoup d’amis? je ne le crois pas. Tîu’elle leur ait aliéné bien des gens, je le croirais plutôt.
NONSIEUK PA3IARD. *
Je n’en serais pas surpris. Il est fort triste de toujours peser ses paroles, de ne jamais savoir sur ipiel pied danser! Je n’ai jamais ou à me plaindre de M. Hérisson, ça, je le confesse ; quant à la jx:tite dame, c'est tout une au- Ire paire de manches : elle ne m'a jamais inspiré grande eonliance, je dois le dire.
' JIONSIECR r. OCJCT.
Klle n’osl pas l)onne.
MONSIEUR riMAIi II.
Je crois m'eu être aperçu.
, MONSIEUR GOUJET
Klle vous a une certaine manièi-e d’arranger les choses.. . Klle emporte la pièce.