‹ Les Bourses du Travail et la Confédération Générale du TravailChapitre 108 sur 111 · TO · texte numérisé non relu

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Le commerçant et l'industriel supportent, bien contre leur gré et par force, toutes les difficultés qui surgissent et ‘qui peuvent les conduire à la faillite, à la ruine, après des années de labeur et d'économie.

L’industriel est obligé de résilier des contrats parce qu'il ne peut livrer à temps des marchandises qui ne sont pas confectionnées par suite des grèves journalières ; il subit des réclamations, paye des indemnités à la suite des malfaçons commises par son personnel saboteur. Le commerçant est inquiet, il ne peut plus, il n’ose plus prévoir longtemps à l'avance les besoins qu'il aura à satisfaire ; les commandes qu'il fait.aux industriels subissent des retards préjudiciables à ses intérêts ; il court continuellement le risque de ne pas recevoir les objets et les denrées sur lesquels il compte pour satisfaire les besoins de sa clientèle. Aussi cherchent-ils à se défendre contre un tel état de choses. De tous côtés on se ligue contre la Confédération générale du travail. Les patrons s’allientet cherchent, individuellement ou en commun, les moyens les plus efficaces pour lutter victorieusement contre ces gens qui excitent leur personnel ouvrier et employé. Ils forment des syndicats pour défendre leurs intéréts menacés. Les entrepreneurs cherchent à diminuer la maind'œuvre dans leurs chantiers par une adaptation meilleure et plus rationnelle du machinisme. Les grands industriels se soutiennent mutuellement par des caisses communes dans lesquelles peuvent puiser, sous certaines conditions, ceux d’entre eux dont le personnel s’est mis en grève. Le consommateur, le public, ne reste pas indifférent à cette lutte, car il se trouve atteint dans ses habitudes et dans ses besoins. : |

Tout cela rend le pays nerveux, inapte à suivre une ligne de conduite droite. Si c'étaient des individualités qui seules

subissaient le contre coup de toutes ces perturbations, certes le mal ne nous laisserait pas insensible, mais nous y attacherions moins d'importance. Mais ce qui est d'autant plus grave c’est que c’est le pays qui supporte et fait Les frais de cette agitation. Les étrangers profitent de cette situation et s’en vont crier partout, avec quelque raison, que l’on ne peut plus compter sur l'exactitude de nos industriels à livrer les commandes, ni sur la bonne qualité des marchandises qu’ils fournissent par suite de l'application systématique du sabotage, allégation d’une gravité exceptionnelle, nos produits étant réputés jusqu'à présent remarquables par leur facture et leur fini.

C’est la réputatation industrielle de la France qui pourrait être compromise par l’action dissolvante de la Confédération générale du travail. Ce spectacle de lutte intérieure rejouit l'étranger et lui permet de répéter sans cesse, avec un-semblant de raison, si l’on s’en tient aux apparences, que la France a terminé son rôle de grande nation mondiale, qu’elle n’est plus qu’un pays de dégénérés qui n’ont plus aucune volonté ni aucun ressort, que la France estun pays en décadence.

Malgré toute l’indignation que nous éprouvons à entendre de pareilles appréciations, nous devons reconnaître qu’il est urgent d'y réfléchir. Notre prestige diminue. L’anarchisme syndical risque d’avoir les plus graves conséquences.

Dans l’état actuel des tendances de la Confédération générale du travail une solution parait donc s’imposer : sa dissolution.

Les anarchistes ont engagé la lutte de classes, ils poursuivent les hostilités, ils déclarent la guerre à l'organisation actuelle, à elle de se défendre.

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