‹ Les Bourses du Travail et la Confédération Générale du TravailChapitre 107 sur 111 · PERS · texte numérisé non relu

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l'industrie et le commerce, et jettera le trouble dans la nation. ;

S'il est naturel et légitime que les ouvriers songent à l'amélioration de leur situation, on doit exiger d’eux qu'ils le fassent dans les formes légales ; ils ont les mêmes droits que les autres citoyens, mais ils n’en ont pas plus, et on ne peut plus tolérer qu’ils songent à cette amélioration en violant les lois qui s'appliquent sans restriction à tous les citoyens, seraient-ils même ouvriers et syndiqués,

La Confédération générale du travail ruine les familles ouvrières par la perte des salaires qu’elle provoque; elle arrête les affaires; elle prive des commandes. du dehors nos industriels et nos commerçants. Sa propagande s'étend partout, à l’industrie, au commerce, à l’agriculture, à la marine ; tout est atteint par elle, administrations de l’État, ouvriers et fonctionnaires des postes, télégraphes et téléphones, instituteurs, ouvriers des arsenaux, tous sont touchés. Rien de grand ni de noble ne peut sortir de ses théories, elle n’engendre que lâcheté et égoïsme immoral. Les sentiments altruistes lui sont inconnus, l'attitude de ses dirigeants en est une preuve par la façon dont ils se disputent avec rapacité le pouvoir. Il est grand temps que son action cesse, que sa propagande s'arrête, sans cela elle pourrira les éléments les meilleurs et les plus honnêtes du prolétariat. F,

Cette action et cette propagande, ce sont les contribuables qui en font tous les frais. Elle aussi ne vit en grande partie que des subventions municipales et départementales, quoiqu’elle ne les touche pas directement. Sa caisse n’estelle pas alimentée par les cotisations de ses organisations adhérentes, qui sont subventionnées ?

Ses effectifs sont peu nombreux, 300.000 he

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seulement et tous n’admettent pas sa doctrine, dit-on. Cela est vrai, mâis que l’on prenne garde. Elle pourra facilement augmenter le nombre de ses adhérents, et ses théories les plus néfastes pourront s’infiltrer dans une partie du public qui n’est pas syndiqué. 1l est, en effet, facile de faire commettre desactes malhonnêtes et des lâchetésquiprofitent; il est difficile, au contraire, de faire accomplir des actes héroïques ou même simplement honnêtes. Vivre dans l'espoir de voir les syndicats revenir à des sentiments meilleurs et plus raisonnables est se bercer d’une illusion dangereuse.

Après vingt-cinq ans d'un régime de liberté, les syndicats n'ont pas répondu aux espoirs de ceux qui ont voulu les fonder ; il est temps de se préoccuper de la réalité. Nous ne combattons pas le syndicalisme, nous ne demandons pas l'abrogation de la loi de 1884, mais nous estimons qu’il est utile de prendre des mesures de précaution. Il faut interdire aux syndicats toute action autre que celle strictement limitée par la Loi ; il faut les rendre civilement responsables des actes qu’ils commettent. Les autoriser à posséder et frapper à la caisse, tel nous semble être le seul remède. .

La loi de 1884 n’a pas été faite pour organiser la grève générale ni la guerre civile, pas plus que la rebellion ni la désertion. La Confédération générale du travail constitue un Etat dans l'Etat, elle contrevient à cette loi, car elle porte atteinte à la liberté des citoyens et à l’ordre public.

Le syndicalisme, tel que le pratique cette organisation, n’est pas un régime de liberté; loin de chercher à convaincre ceux qui ne sont pas de son avis, elle les frappe. Elle brutalise, blesse et tue ses adversaires et ceux qui restent indiflérents ; elle vole, pille et détruit les propriétés individuelles ; elle sème la terreur et commet des crimes partout où elle agit. Les syndicats, sous sa direction, non

seulement ne se préoccupent pas de l'amélioration du sort de leurs adhérents, mais encore emploient toute leur activité pour empêcher ceux-ci d'obtenir un peu de bien-être. Tout dernièrement un exemple remarquable de cette résistance s’est produit.

M. Audebert, carrier en Seine-et-Oise, voulait réaliser chez lui, dans une pensée de philanthropie et de paix sociale, le système de la participation aux bénéfices. 11 proposa à ses ouvriers de leur attribuer la moitié des bénéfices nets de son entreprise au prorata des salaires de chacun d’eux. Dans le projet de contrat qu’il soumit à ses ouvriers il posait quelques conditions très normales : il exigeait l’assiduité au travail, la correction avec les clients, la prudence pour éviter les accidents, il interdisait l’état d'ivresse sur les chantiers, l'absence aux heures d’embauchage, les disputes et les malversations. Il donna quarante-huit heures à ses ouvriers pour réfléchir. Au bout de ce délai les ouvriers lui apportèrent un refus pur et simple basé sur cette seule réponse : « nous lisons entre les lignes ». Il ne put en tirer davantage et jamais il ne sut ce que son personnel avait bien pu lire entre les lignes. Pour le récompenser de son effort de concorde, de son désintéressement et de son humanité, là grève recommença sans autre explication dans ses chantiers, il reçut des menaces de mort et plusieurs coups de feu furent tirés pendant la nuit sur les fenêtres de l'appartement qu'il habite avec sa femme (1).

Ce qu'il faut à la Confédération générale du travail, c’est la misère pour ses adhérents, la faim, le chômage; ainsi elle pourra leur prècher la violence, dont l’action est si féconde, les résultats si merveilleux. Plus ils seront mal-

(1) Le Temps, 14 octobre 1909.

heureux, plus la vie leur sera cruelle, plus ils seront portés à la révolte, à l'anarchie ; c'est ce qu'il lui faut !

Mais la nes’arrête pas sa propagande. Elle s'attaque aux institutions qui sont la base même de notre civilisation : l'armée, la patrie. Ce n’est pas le moindre des dangers que nous présente cette organisation.

Lanationn'estpasencoreprofondément touchée parles théoriesantimilitaristes,maiselle n’est peut-être pasloin del'être ; c'est un grave danger. Le nombre des insoumis augmente chaque jour, et c’est surtout dans les grandes villes, à Paris principalement, que l'on constate cette augmentation anormale depuis quelques années. C’est aussi dans les grandes villes, et à Paris surtout, que s'exerce la néfaste action de la Confédération générale du travail. On prétend qu’il n’y pas de cause à effet entre la Confédération générale du travail et la propagande antimilitariste, et qu'en supprimant celle-là on ne réduirait pas celle-ci à l'impuissance. C’est possible, mais qu'importe? il n’en reste pas moins vrai qu’elle est un des facteurs les plus actifs de cette lutte engagée contre les forces vives de la nation. On ne supprimera peut-être pas l’antimilitarisme en agissant ainsi, mais on lui portera néanmoins un coup salutaire, et il faut mettre en mouvement tous les moyens possibles pour combattre une telle propagande. Le mal est tel qu’au mois de novembre dernier le gouvernement a cru devoir prendre l'initiative de déposer un projet de loi pour réprimer d’une façon sévère les outrages au drapeau; c’est une preuve indiscutable de l’acuité de la propagande et de l'œuvre néfastes que nous avons signalées.

La violence prend la place de la discussion, des scènes scandaleuses se passent chaque jour dans les chantiers, dans les ateliers, dans les usines.

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