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Ceci fait et le budget de la nouvelle Bourse établi, la commission loue Le local et rédige un avant-projet de statuts, qui est soumis à l'assemblée plénière des syndicats adhérents. Celle-ci le discute, y fait les modifications qu'elle juge utiles, et, enfin, vote définitivement les statuts. Cette assemblée plénière nomme aussi un comité général, composé de délégués des syndicats adhérents.
La Bourse du travail est ainsi créée. Elle se fait connaître officiellement des pouvoirs publics, en déposant à la préfecture, ou, ailleurs, à la mairie, en double exemplaire, et signé de deux membres du conseil d’administration, la liste nominative des membres du conseil, celle des syndicats adhérents, et les statuts de la Bourse.
Lorsque les syndicats forment déjà une union locale, le travail préparatoire se trouve supprimé. Cette union possède, en effet, déjà, des statuts, un budget, un local, un conseil, des fonctionnaires. Il lui suffit pour devenir Bourse, d'obtenir, des syndicats qui la composent, l’autorisation d’ajouter à son titre celui de Bourse du travail.
Ainsi, dans ces deux cas, les plus fréquents en province, c’est sur l'initiative des ouvriers que se créent ces organisa-
tions ; elles ne sont donc pas, comme à Paris, créées par
les pouvoirs publics. En province, ce n’est que lorsque-ta Bourse du travail est créée, ou en voie de formation, que les municipalités et les conseils généraux interviennent pour:les aider en leur allouant des subventions. Pelloutier, l’ancien secrétaire de la Fédération nationale des Bourses du travail de France et des Colonies, poussa activement pour des raisons qui ont disparues depuis, les syndicats à s’organiser en Bourse du travail, et les unions
locales à prendre ce titre. Ses successeurs, au contraire,
préfèrent voir les Bourses du travail, se constituer en unions locales, qui ne seront plus sous la dépendance des autorités, et qui n’auront pas à craindre leur disparition, par suite de la fermeture de l’immeuble municipal, ou leur affaiblissement, par la suppression des subventions qui leur sont allouées.
Le nombre des Bourses du travail s’est considérablement accru depuis l’ouverture de la première d’entre elles, celle de Paris, en 1886. Les premières Bourses du travail qui furent créées, après celle de Paris, le furent à Nîmes (1887), à Marseille (1888), à Saint-Etienne (1889), à Toulon (1889), à Toulouse (1890), à Bordeaux (1890), à Béziers (1891), à Montpellier (1891), à Alger (1892), etc.
Cet accroissement fut si rapide à un moment donné, que Pelloutier en fut inquiet, et qu’il modéra cet élan, conseillant aux Bourses du travail d'étendre leur vigueur, plutôt que de créer autour d’elles des institutions semblables, qui, par leur grand nombre et leurs faibles effectifs, risqueraient de manquer de force.
D’après les chiffres indiqués par l’Annuaire des syndicats professionnels, de 1908-1909, publié par la Direction du Travail, du Ministère du Travail et de la Prévoyance sociale, il existe, au 1° janvier 1908, en France et dans les colonies françaises, 142 Bourses du travail, comprenant 2667 syndicats, avec 434,387 syndiqués.
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