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Il est à peine nécessaire de dire qu'il y a peu de Bourses de « plein exercice ». Seules quelques Bourses riches possèdent tous ces services; les autres ne :les organisent que selon leur imrortance et les ressources dont elles disposent.

A la tête de la Bourse du travail se trouve le comité gé— néral, ou comité d'administration. IL est composé de délégués des syndicats, le nombre des membres le composant. varie avec celui des syndicats formant la Bourse.

Si la Bourse ne compte que de un à dix syndicats, cha-

cun nomme deux ou trois délégués ; au-dessus de dix, chaque syndicat délègue un membre seulement. Ces délégués: sont nommés sans durée de mandat déterminée, par conséquent toujours révocables.

Le comité général a°la direction de la Bourse, et il a pour mission d’en surveiller les divers services.

Il se décompose en autant de commissions et de souscommissions que l'exige la bonne marche des services institués par la Bourse.

C'est ainsi que le comité général de la Bourse du travaik de Saint-Etienne répartit ses membres entre cinq commissions qui sont: (1)

1° la commission administrative chargée de l'exécutif ;

20 la commission de conirèle des finances et de la statistique, qui vérifie les comptes, établit la statistique annuelle, et s’occupe du placement ;

3° la commission de contrôle des cours professionnels ; elle assure la régularité et le bon fonctionnement de ces

COUTS ;

(1) Statuts de la Bourse du travail de Saint-Etienne.

4° la commission de propagande; celle-ci est chargée de recueillir tous les renseignements utiles aux ouvriers; .d’aider les syndicats ea voie de création ; de se rendre dans les réunions corporalives quand on le lui demande;

5° la commission du journal et de la bibliothèque; c'est elle qui. a la rédaction de l’organe officiel de la Bourse, sa correspondance, et s’occupe des abonnements; de plus, elle a la direction de la bibliothèque, elle AcReIS et fait relier les ouvrages qui doivent [a composer.

Outre ces commissions permanentes, le comité général nomme, quand le besoin s’en fait sentir, des sous-commissions, dites «<extra-administratives », qui sont dissoutes dès que leur mandat est terminé.

Le comité d'administration élit les fonctionnaires de la Bourse, c’est-à-dire :. le secrétaire, le trésorier, le bibliothécaire (fonctionnaire qui n'existe pas dans toutes les Bourses), et leurs adjoints.

Le secrétaire est chargé de la ns des procès-verbaux du comité général, aux séances duquel il ;n’assiste qu’en qualité de fonctionnaire, et où il.n’a pas voix délibérative. 11 tient le registre des chômeurs, s’occupe du place-. ment; il inscrit les offres et les-demandes. d'emplois, et généralement il a le service de la bibliothèque. Parfois un syndiqué se charge de ce service gratuitement, et l'effectue le soir et le dimanche matin ; ou bien encore c'est au trésorier qu'il incombe.

Le fonctionnement de tous ces services entraine des dépenses nombreuses et parfois considérables,

Voici, d’après les évaluations de Pelloutier (1), les dé penses les plus réduites que supportent les Bourses, lors-

(1) Pelloutier. Æistoire des Bourses du travail, p. 8le 82

qu'elles sont obligées de vivre sur leurs propres ressources, et qu'aucune subvention ne vient alléger leurs charges.

En premier lieu vient la location de l'immeuble, qui doit comprendre, au moins, une salle pour le secrétariat, les réunions du comité général et de la commission exécutive ; une salle pour la bibliothèque et Les archives ; et deux ou trois autres pour les réunions à tour-de rôle des syndicats” adhérents à la Bourse. Le loyer doit être évalué à 800 francs environ. ;

Puis il y a les frais d'éclairage et de chauffage évalués à 300 francs par an, en comptant deux heures par jour pendant 300 jours, les économies faites les dimanches et pendant l’été compensant les dépenses faites en hiver.

Les indemnités accordées aux fonctionnaires de la Bourse : secrétaire et trésorier. Dans certaines Bourses ils ne sont pas payés, et alors ils ne viennent que deux ou trois heures chaque soir pour expédier rapidement les affaires courantes. D’autres Bourses allouent à leurs fonctionnaires une somme proportionnée à leurs ressources. Cette somme est tantôt fixe et tantôt calculée par heure; le secrétaire touche généralement 300 francs par an et le trésorier 200. Les Bourses riches ont un secrétaire permanent et un trésoriercomptable qui ‘vient trois heures par jour. Ces fonctionnaires sont payés à raison de 1 franc par heure de travail. Le nombre d'heures de travail du secrétaire varie selon l’importance des services, mais Pelloutier recommande que, dans aucun cas, le salaire mensuel du secrétaire ne soit inférieur à 150 francs dans les villes comptant de 20.000 à 30.000 habitants, et à 200 francs dans celles de 30.000 à 100.000 habitants. |

Les frais de bureau sont pour les petites Bourses de 200 francs et pour les autres de 500 francs par an. |

Un crédit mensuel fixe est généralement affecté aux achats de livres pour les bibliothèques.

Seules les Bourses importantes organisent des cours professionnels, et, par conséquent, seules elles ont des frais occasionnés par les achats d'instruments et par la rétribution des professeurs.

Pelloutier divise les Bourses en quatre catégories, selon les ressources qui leur viennent du nombre de leurs adhérents, et présente le tableau suivant résumant pour toutes les catégories les dépenses moyennes par années (1).

2 ea |2 8 | cher lle

Nature des dépenses FÉFÉ 28.5 FRE CE

DOVE me Eee. 800 800 1.500 2.000

Chauffage et éclairage . . . . 300 300 300 600

Frais de bureau..." : : 200 200 300 500

Bibliothèque. "0.1. 120 200 300 500

SeCTOAFO Em De rieur » - 800 1.500 2.300

ÉLÉSORIOR PES A eee ne re » 200 950 1.800 Dépenses imprévues (secours,

BTOVOS) AN ST EE RO ec 200 300 500 1.000 Coursprofessionnels(instruments, rétribution des professeurs, livres pour les distributions des

prix). » » » »

Totaux. .| 1.620 2.300 5.350 8.100

Pour couvrir ces dépenses les membres des Bourses du travail versent des cotisations dont le taux varie suivant le nombre de syndiqués et de syndicats qui les composent.

Une Bourse dont les dépenses s'élèvent à 1.600 francs, et qui possède de 700 à 900 syndiqués, répartis en une

(1) Pelloutier. Æistoire des Bourses du travail, p. 189.

Paie

CT

quinzaine de syndicats, fixe la cotisation mensuelle de ‘chaque syndiqué à 20 ou 30 centimes, soit à peu près 10 francs par mois par syndicat: ses ressources s'élèvent par an à 1:800 francs environ. Fr

Si en principe les Bourses du travail doivent vivre de leurs ressources propres, en réalité, celles qui subviennent seules à leurs dépenses sont rares.

Dans le plus grand nombre de cas, les municipalités, et souvent les Conseils généraux, leur viennent en aïde au moyen de subventions annuelles, sans lesquelles peu de Bourses existeraient. |

Ces subventions sont de différentes sortes ; les unes sont totalement payées en espèces et calculées soit sur un budget présenté par le comité administratif de la Bourse, soit par la commission münicipale ou départementale des finances. D’autres sont payées partie en nature, partie en espèce. : Tu 8 |

“Pour l’immeuble trois procédés sont employés. Tantôt il-est loué par l'administration de la Bourse, et son loyer est payé par la recette municipale ; tantôt loué par la municipalité, le prix de sa location est payé par élle; enfin le troisième procédé consiste à installer la Bourse dans une dépendance de l'Hôtel de Ville, où dans un immeuble municipal.

Certaines municipalités payent, sur présentation de facture, les frais d'éclairage, de chauffage et de bureau.

En outre des subventions accordées pour le fonctionnement administratif de la Bourse, souvent les municipalités en ‘donnent de spéciales pour le service de placement, l’acquisition de livres, l’achat d'instruments pour les cours professionnels.

La moyenne des subventions accordées, en espèces ou

<en nature, aux Bourses de chacune des quatre catégories précédentes est (1) :

Pour la première (villes de moins de 30.000 habitants) de-900 à 1:200 francs.

Pour la deuxième (villes de 30.000 à 50.000 habitants) environ 2:000 francs.

Pour la troisième (villes de 50.000 à 80.000 habitants) de 4.000 à 8.000 franes.

Pour la quatrième (villes de plus de 80.000 habitants) de 10.000 à 20.000 francs.

Cette division en catégories souffre de nombreuses exceptions qui tiennent à l'importance de la population ouvrière de la ville où se trouve la Bouse du travail et, surtout, du plus ou moins de sympathie qu'éprouve la municipalité à l'égard de ces institutions. Il est à remarquer, en effet, que certaines Bourses n’ont pas de subventions, car elles prennent souvent une attitude révolutionnaire, et dans ce cas elles se refusent à justifier de l'emploi qu’elles font des sommes que leur allouent les pouvoirs publics.

Au 1er janvier 1908, sur 142 Bourses du travail existantes, 107 sont subventionnées. Elles reçoivent 346.875

francs des Conseils municipaux et $2.950 fr. 10 des Conseils

généraux, soit au total 399.825 fr. 10.

Cette somme ne représente que les subventions en espèces, et il faudrait, pour connaître la somme exacte des

subventions annuelles qui leur sont accordées, pouvoir

‘évaluer la valeur des immeubles municipaux mis à leur

disposition, et ce que coûte leur entretien. Malheureusement c'est un caleul impossible à faire, mais il est certain que les sommes dépensées en subventions en nature par les ‘Conseils municipaux dépassent de beaucoup le total des

(1) Pelloutier. Æistoire des Bourses du travail, p. 191.

Tableau général des subventions accordées aux Bourses du travail en 1908

Subvention annuelle

Bourses ——__ municipale départementale || Saint-Quéntin 2207 see ee Mel 6.600 »

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