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che parfois, et qui sût jusqu’en 1902 garder son indépendance.
En 1902, au contraire, ces deux antagonistes trouvèrent un terrain J’entente, et s’unirent de telle sorte que, depuis cette époque, la Confédération générale du travail comprend à la fois l’ancienne Confédération générale du travail, composée uniquement des fédérations de syndicats et des syndicats isolés, et l’ancienne Fédération des Bourses du travail. C’est depuis cette fusion seulement qu’elle a droit à son titre, car elle compte dans ses rangs, depuis lors, presque tous les syndicats, unions et fédérations « rouges. »
Ce changement dans la physionomie de la Confédération générale du travail nous apparait comme trop important pour ne pas diviser en deux périodes l'histoire de cette organisation, et nous craindrions, en ne procédant pas ainsi, de manquer de clarté, et de rendre plus compliquée, encore, une exposition historique des faits, qui, par elle-même déjà, n'est souvent pas très simple.
1° La Confédération générale du travail de 1895 à 1902. — La Confédération générale du travail fut créée en 1895, au congrès corporatif de limoges. Elle dut le jour à la scission quise produisit à Nantes, en 1894, entre le parti guédiste et le parti syndicaliste, qui fut amenée par la discussion du principe de la grève générale.
Dès le vote de la loi de 1884, la nécessité d’une fédération nationale des syndicats se fit sentir.
Les syndicats lyonnais prirent l'initiative de convoquer un congrès national des chambres syndicales, qui s’ouvrit le 11 novembre 1886 à Lyon. Ce congrès se déclara nettement révolutionnaire, adversaire de la politique et de la loi de 1884, Il adopta, par 90 voix contre 15, la création d'une « Fédération nationale des syndicats. »
Cette Fédération était composée d’un conseil général fédératif, de conseils fédéraux régionaux et de conseils fédéraux locaux,
Des conseils fédéraux locaux étaient constitués dans chaque ville ou agglomération de communes, et ne pouvaient être composés de moins de 5 syndicats ; chaque. chambre syndicale adhérente y envoyait un délégué. Le rôle de ces délégués était d'organiser des commissions de propagande, d’établir des rapports entre les syndicats, d'étudier et de faire connaître à leurs syndicats respectifs toutes les questions intéressant les travailleurs, de présenter et de soutenir au conseil régional les résolutions prises par eux.
Les conseils fédéraux régionaux comprenaient 10 départements ; ils se composaient de 20 membres, 2 délégués par département, nommés par tous les syndicats. Le siège de ces conseils régionaux était déplacé chaque année et porté successivement dans chaque ville importante des départements formant la région. |
Le conseil fédéral était composé d'un délégué par département, et n'avait pas de siège fixe : il se déplaçait chaque année, et siégeait dans la ville où avait éu lieu le dernier congrès de la Fédération.
Les conseils fédéraux régionaux furent supprimés par le deuxième congrès de la Fédération, qui se tint à Montluçon en octobre 1887.
Cette Fédération devint bientôt, entre les mains de ses dirigeants, un instrument politique. Elle ne répondit pas au but dans lequel on l’avait créée.
Le conseil national devait former 3 commissions ; la première, chargée de « tout ce qui pourrait faire connaître la Fédération et son but », ne fonctionna jamais ; la seconde devait éditer un bulletin mensuel: jamais elle ne présenta de
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statistique, de plan d'organisation ni d'action; la troisième était la «commission de statistiques », elle devait recueillir tous les documénts sur la production de la France et de l'étranger, établir le prix de revient des matières brutes, indiquer le prix des matières ouvrées et calculer, en tenant compte du prix de façon, le bénéfice prélevé par le capital, comparer, pour chaque localité, le taux des salaires avec le taux des objets de consommation, des loyers, etc., et faire connaître ainsi la différence entre le salaire reçu et le salaire
nécessaire ; elle ne ou pas le programme qui lui était
assigné.
Enfin cette Fédération ne sut jamais entretenir des relations utiles avec les syndicats qui la composaient (1).
Elle était conduite et dirigée par les guédistes, qui se prétendaient hostiles à la politique et qui laissaient alors «aux hémorroïdes des bourgeois les sièges électoraux. »
Les congrès de la Fédération nationale des Syndicats de Montluçon en 1887 et de Bordeaux-Le-Bouscat en 1888 sont encore révolutionnaires, partisans de la grève générale, et adversaires de la politique; ils engagent «les travailleurs à se séparer nettement des politiciens qui les trompent. »
Les Bourses du travail, qui se créent un peu sur tous les points du pays, organisations qui devenaient le centre de l’action syndicale des grandes villes, indépendantes, et presque universellement hostiles aux idées modérées et parlementaires que préconisaient de plus en plus les guédistes, ne voulaient pas s’affilier à la Fédération des Syndicats dans laquelle aucune place ne leur était assignée. En 1892 elles créèrent la Fédération des Bourses du travail.
(1) Pelloutier. Histoire des Bourses du travail, p. 58 à 63.
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Ces deux organisations devaient entrer en lutte, et la Fédération des Syndicats être anéantie par sa jeune rivale.
Au début, les deux Fédérations tinrent des congrès qui se suivirent sans se confondre. En 1893 la Fédération des Syndicats convoque ses adhérents à Marseille, la Fédération des Bourses réunit les siens à Toulouse. On décida d'essayer un congrès de fusion qui se tiendrait à Paris à la fin de cette même année. |
La Fédération des Syndicats avait d'abord accueilli ce projet comme un acte de rivalité presque hostile, mais, quinze Jours avant la date d'ouverture de ce congrès, le ministre de l'Intérieur, M. Ch. Dupuy, ferma la Bourse du travail de Paris. Ce fait donna une ampleur considérable au congrès, qui prit le caractère d’une protestation contre l'acte du gouvernement,
Les deux Fédérations se réjouissaient de la solution adoptée par M. Dupuy. Les syndicalistes disaient qu’en agissant ainsi il avait plus fait que vingt années de propagande. M. Guesde, de son côté, félicitait le ministre, parce que «en encombrant de sa police et de ses troupes à cheval l'impasse syndicale et corporative, dans laquelle menaçaient de s’égarer un trop grand nombre de travailleurs, il a rejeté dans le mouvement politique, c’est-à-dire, dans la vraie voie socialiste, le parti ouvrier tout entier, désormais convaincu qu’en dehors du gouvernement conquis par la classe ouvrière, il n'y a pas de salut, pas d’émancipation du travail. » (1)
On discuta au congrès sur la façon de procéder pour aboutira l’union. Les uns proposèrent, c’étaient les allemanistes,
(1) De Seilhac. Les Congrès ouvriers en France; 1893-1906, p. 13 et 14.
Ja fusion sur les bases suivantes : les Bourses unies par . leur Fédération, les unions de métiers réunies par le secrétariat du travail. D’autres attaquèrent la Fédération des Bourses, qui ne vivait, disaient-ils, que des subventions municipales. Le congrès décida la fusion des deux fédérations, et la Bourse du travail de Nantes fut désignée pour organiser, en 1894, un congrès unique de la Fédération des Bourses et de la Fédération des Syndicats, dans lequel on résoudrait pratiquement la question.
Les guëdistes se montrèrent hostiles à cette idée, craiïgnant, non sans raison, l’annexion de leur organisation par Ja Fédération des Bourses, et, dans une cireulaire, M. Lavigne disait : « la Fédération des Bourses prétend se substituer à la Fédération nationale qui a un si glorieux passé, qui a organisé le congrès international de Paris en 1889, décidé le Le mai. Cest raide! »(1) Aussi, fidèles à leur vieille coutume, tinrent-ils à Nantes, le 15 septembre 1894, huit jours avant le congrès corporatif, un congrès politique, dans lequel, à une forte majorité, ils condamnèrent le principe de la grève générale.
1.662 syndicats étaient représentés au congrès corporatif par 143 délégués. Une nouvelle discussion s'engagea sur la question de la grève générale. Les deux partis, guédistes et syndicalistes révolutionnaires, épuisèrent de part et d’autre leurs arguments. La lutte fut des plus ardentes ; M. Briand, partisan de la grève générale, et M. Lavigne, au nom des adversaires de cette tactique, expliquèrent tour à tour aux
délégués les bienfaits et les inconvénients d'une pareille
action. La discussion se termina par un vote en faveur du
(1) De Seilhac. Congrès ouvriers én France, 1893-1906, p. 27. Le
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principe de la grève générale, émis par 65 voix contre 37 et 9 abstentions.
La minorité guédiste, quitta la salle des délibérations c'était la rupture définitive entre les deux fédérations qu’on avait voulu unir, et c'est de cette rupture que naquit la Confédération générale du travail. | |
Aujourd’hui la Fédération des Syndicats n’existe plus que de nom, elle a disparu à Nantes.
Le congrès de Nantes, après la retraite des guédistes, avait créé un « Conseil national ouvrier », organisation éphémère, qui, pendant l’année que dura son existence, avait encaissé 85 centimes et dépensé 48 fr. 65.
Le congrès corporatif de Limoges, en 1895, Le supprima et le remplaça par une organisation nouvelle, intitulée la Confédération générale du travail, qui devait réunir la Fédération des Bourses et la Fédération des Syndicats. Mais celle-ci n'existait plus ; les guédistes qui l’avaient créée, pour ainsi dire, l'avaient presque immédiatement détruite, en lui assignant un but politique et en faisant des organisalions syndicales qui la composaient des comités électoraux. La Fédération des Bourses, qui existait au contraire, et dont le nombre des adhérents et le budget ne faisaient qu'augmenter, ne voulait pas se laisser annihiler en entrant dans cette organisation. |
Si elle entre à la Confédération générale du travail, c'est pour la diriger et non pour la suivre docilement. D'ailleurs, affirmant bien son intention, elles’approprie la tactique guèdiste, et fait précéder les congrès de la Confédération générale du travail par les siens, leur dictant ainsi son programme.
La Confédération générale du travail était un organisme central, créé par le congrès de Limoges pour donner une direction unique aux efforts des syndicats. Beaucoup d’entre
eux, en eflet, restent isolés et ne dépendent d'aucune Bourse. Il y avait donc utilité, sinon nécessité, à unir ces organisations qui n'avaient pas leur place dans la Fédération des Bourses. ;
Mais la Confédération générale du travail, qui n’était qu'une fédération des fédérations, ne comprenait que des cadres sans soldats, la plupart des syndicats importants sont déjà dans la Fédération des Bourses, et celle-ci par défiance ne veut pas entrer dans la Confédération générale du travail ; elle marche bien, dit-on, pourquoi essayer de la compromettre en la remplaçant par une organisation supérieure dont le succès est loin d'être assuré ? La Fédération des Bourses s'appuie sur des organisations dont la vitalité et l'activité sont hors de doute ; elles sont riches ; et une organisalion générale, comme la Confédération générale du travail, ne s’appuiera que sur des organisations le plus souvent embryonnaires, qui ne seront reliées entre elles que par l'intérêt commun à toute la classe ouvrière, intérêt qui n'est pas senti par tous avec la même intensité et que beaucoup ne verront pas.
Tels sont les noirs pressentiments que la Fédération des Bourses a sur l'avenir et sur l'utilité de la Confédération générale du travail, dès ses débuts. :
Le but que l’on chercha à atteindre à Limoges était de réunir en une seule organisation toutes Les forces ouvrières.
Les nombreux rapports sur cette question, présentés par les délégués, furent renvoyés à la commission chargée d'établir un projet de statuts, qui fut discuté et adopté.
Ces statuts définissent le but de cette organisation qui « a exclusivement pour objet d’unir, sur le terrain économique, et dans des liens d’étroite solidarité les travailleurs en lutte pour leur émancipation intégrale ». Les éléments
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constituant la Confédération « devront se tenir en dehors de toutes les écoles politiques»; on admettait que chaque syndiqué put avoir l'opinion qui lui convenait, et put s'inscrire comme membre du parti politique dont les idées et les tendances étaient les siennes, mais ce que l’on veut, c’est, dès le début, se débarrasser des politiciens, et interdire à une fraction politique quelconque de s'emparer de cette association pour s’en faire un appoint électoral.
La Confédération générale du travail admettait dans ses rangs :
Les syndicats ;
Les unions ou fédérations locales des syndicats de diverses professions, ou de métiers similaires ;
Les fédérations départementalesourégionales de syndicats;
Les fédérations nationales de syndicats de diverses professions ;
Les unions on fédérations nationales de métier et les syndicats nationaux ;
Les fédérations d’industrie unissant diverses branches de métiers similaires :
La Fédération nationale des Bourses du travail.
Pour être admises, ces organisations devaient avoir au moins six mois d'existence. |
Il fut décidé que le siège de la Confédération générale du travailserait à Paris malgré Le désir exprimé par certains délégués de le voir fixé en province, trois ans dans chaque ville.
Les politiciens ayant échoué dans leur but, qui était de s'en emparer, firent le vide autour d'elle et la dédaignèrent ; le résultat, presque immédiat, de cette tactique fut d'attirer. dans cette organisation les éléments anarchistes
anti-parlementaires.
Jusqu'à la création de la Confédération générale du travail les syndicats étaient considérés comme des groupements d'ordre inférieur, ils étaient Les « écoles primaires du socialisme », mais depuis lors ils prirent un rôle prépondérant et devinrent le groupement ouvrier par excellence.
Jusqu’alors ils se préoccupaient d’une besogne immédiate : la lutte quotidienne contre le patron; par la suite, conservant ce rôle, ils s’adjugèrent le titre de « cellule organique du monde nouveau », et se prétendirent aptes à mener à bien, sans aucun secours, « l'œuvre d’émancipation intégrale ».
La première année de fonctionnement de la Confédéra-
tion générale du travail fut très pénible ; rien n'allait bien,
des discussions, voire même des disputes, entre les délégués se produisaient à chaque réunion (1).
Pendant la période d'organisation survint une grève importante à Carmeaux ; la Confédération générale du travail ne fonclionnait pas encore et, malgré tout, il fallait aviser, aussi créa-t-on un comité provisoire d’action syndicale corporative, en attendant l’organisation définitive ; son premier soin fut de lançer un manifeste aux travailleurs de France, mettant sur le compte du patronat tout le poids de la grève, et répétant que, pour aboutir au triomphe, il était indispensable que l'union se fasse dans Ja Confédération. Le jour où elle compterait plusieurs millions d’adhérents, la minorité capitaliste serait bien obligée de s’incliner devant ses revendications. :
La Fédération nationale des Travailleurs du Livre, et le Syndicat national des Chemins de Fer aidaient le comité à se constituer définitivement; d’autres syndicats apportaient leur appui moral et leur argent. Mais la grève de Carmeaux
(1) Congrès de la Conf. gén. du trav.. Tours 1896, p. 27 à 48.
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une fois terminée on sembla s'en désintéresser plus ou moins, et la caisse se retrouva vide.
Aux réunions du comité, où se rencontraient toujours les mêmes délégués, de graves discussions s’élevèrent sur le rôle mème de la Confédération générale du travail, et certains refusaient de continuer à participer à son œuvre. Les délégués étaient si peu nombreux et venaient si rarement qu’on crut un instant ne pas pouvoir faire fonctionner cette organisation.
Le bureau put être constitué d’une façon régulière dans la séance du 4 décembre 1895.
Pour attirer l'attention sur lui, le comité décida de publier un manifeste pour le 1° mai, mais, la caisse étant vide, il dut demander pour cela l'hospitalité des colonnes de la Petite République.
Comme première mise de fonds et pour assurer le fonctionnement de La Confédération générale du travail, le congrès de Limoges avait invité les organisations adhérentes à verser chacune 2 francs. 34 organisations seulement répondirent à cet appel et Le comité provisoire ne reçut de ce fait que 68 francs.
Les cotisations versées par les organisations adhérentes, de novembre 1895 à août 1896, s’élevèrent à 740 fr. 50.
Ici encore le manque de bonne volonté est particulièrement visible : sur 31 organisations inscrites, 4 seulement ont acquitté leurs cotisations régulièrement, ce sont le Syndicat national des Chemins de Fer, la Fédération nationale des Travailleurs du Livre, le Cercle des Mécaniciens, et la Fédération des Porcelainiers. Les autres n'en ont versé qu'une partie, et T n’ont rien payé du tout.
Dans ces conditions la vie de la Confédération générale
du travail était impossible. Ses recettes s’élevaient en 1896 à 808 fr. 50, ses dépenses à 371 fr. 90.
11 fallait aviser sans tarder, afin de faire une œuvre viable, et l’on èstima que les statuts élaborés à Limoges étaient une des causes de la situation précaire dans laquelle elle se débattait.
A Tours, en 1896, on chercha à les améliorer. Le nombre des organisations qui pourront être adhérentes fut réduit, Les Bourses du travail ne pourront plus y adhérer qu'indirectement par leur Fédération. Les syndicats isolés n’y seront plus admis que lorsque leurs professions ne seront pas constituées en fédérations de métier.
La Confédération est administrée par un conseil national, composé de délégués élus directement par les organisations confédérées; chaque délégué ne pourra représenter plus de deux organisalions et dans les délibérations du conseil national il ne pourra avoir plus de deux voix; il doit appartenir à l’une des organisations confédérées.
Au conseil, les fédérations nationales et les syndicats nationaux aurontchacun 3 délégués; les fédérations locales de profession ou de métier, et les syndicats isolés n’en auront qu'un.
Le conseil national est nommé pour un an. Son bureau est composé d'un secrétaire général, d'un secrétaire adjoint, d'un trésorier, d’un trésorier adjoint et d’un archiviste. Ces fonctionnaires sont pris dans le conseil national et élus par lui au bulletin secret.
Les autres membres du conseil sont répartis en T commissions qui sont :
1° La commission de propagande, elle organise les congrès corporalifs annuels et exécute leurs décisions; elle est chargée de la propagande syndicale et fédérale, industrielle et agricole, de l’unilication de l’action corporative.
2° La commission d'arbitrage ; elle s’occupe du contentieux, du service d'arbitrage en cas de conflits entre syndicats et fédérations, ou entre patrons et ouvriers.
3° La commission de législation, qui s’efforcera d'obtenir l'extension et la généralisation de l'institution des conseils de prud'hommes ; elle luttera contre le travail fait dans les prisons et les couvents, contre le marchandage, et en faveur d’une législation du travail comportant, avec un minimum de salaires, la journée de huit heures et le repos hebdomadaire.
4° La commission des grèves, qui est chargée de s’occuper des grèves partielles, de la caisse de secours et de la grève générale, |
5° La commission de statistique, qui établira des statistiques du travail,
6° La commission du journal, qui devra se préoccuper de l'organisation et du fonctionnement du journal que désire posséder la Confédération.
1° La commission d'administration, qui se divise en secrétariat, chargé de la correspondance, des archives et des relations avec les organisations nationales et étrangères, et en trésorerie chargée de la comptabilité.
Les cotisations des organisations sont fixées, mensuelle-
ment et payables d'avance, sur les bases suivantes:
Pour 200 membres et au-dessous . . . UE De 201 »° a 5007 2 »
De 501 » à 1.000 . 3»
De 1.001 : » à 2.000 . 4 »
De 2.001 » à 3.000 . 5 »
De 3.001 » à 4.000 , 6 »
De 4.001 » à 5.000 . 7»
De 5.001 » à 6.000 . 8 »
De 6.001 » à 7.000 . 9 »
Pour 7.001 » et au-dessus 10 »
Franck. 15
Tout retard de trois mois dans le paiement des cotisations entraînera la suspension de l’organisation, dont les délégués ne pourront plus être entendus qu’à titre consultatif. Seuls les congrès ont le droit de radier et d’exclure les organisations confédérées, et cela après avoir entendu leurs délégués dans leurs explications.
Une commission de contrôle de 7 membres doit être désignée par les syndicats de la ville où siègera la Confédération ; les syndicats qui désigneront les délégués seront
choisis par tirage au sort à la première assemblée du con-
seil. Cette commission, chargée du contrôle financier, fonctionnera pendant une année et présentera un rapport au
congrès.
Un congrès annuel aura lieu en septembre; le conseil
national doit l’organiser, et il peut déléguer tout ou partie
de ses attributions aux conseils administratifs de la ville où se tiendra le congrès. Ÿ seront conviées toutes les organisations ouvrières, confédérées ou non.
Tels sont les nouveaux statuts régissant la Confédération générale du travail pendant l’année 1896-1897.
Durant cette année, 11 fédérations, 1 union fédérative, 1 cercle corporatif, 1 union de syndicats (celle de Paris), 3 grands syndicats étaient groupés dans la Confédération.
Trouvant ces résultats insuffisants, au 1er décembre 1896, le conseil national adressa, sans succès, d’ailleurs, un appel pressant aux orgânisations ouvrières.
Par suite du petit nombre des délégués, il fut iMmpossible d'organiser les comunissions conformément aux statuts. | |
Les cotisations furent versées cette année-là un peu plus régulièrement. Les recettes s'élevèrent, en y comprenant le