‹ Les bourses du travailChapitre 24 sur 52 · LES REMÈDES SOCIALISTES · texte numérisé non relu

LES REMÈDES SOCIALISTES

rait le nier, mais leur efficacité a été fort limitée. On pourrait même leur reprocher d'avoir simplement déplacé le mal qu'elles avaient pour objet d'extirper, en faisant affluer vers les autres branches de la production la population enfantine et féminine, et en y faisant ainsi baisser les salaires. Ces résultats douteux n'ont pas découragé les partisans de l'intervention gouvernementale, et les gouvernements euxmêmes. Depuis quelques années, nous avons vu apparaître tout un ensemble de mesures destinées à placer la classe ouvrière sous la tutelle de l'Etat : institution de caisses de retraites, assurance obligatoire contre les maladies et la vieillesse, avec participation pécuniaire des patrons et de l'État, attribution aux patrons de la responsabilité des accidents, limitation de la journée à huit heures, etc., etc. Ces mesures, considérées en elles-mêmes, soulèvent des objections particulièrement graves : l'assurance obligatoire contre les maladies et la vieillesse, et la limitation légale de la journée de travail, par exemple, constituent des servitudes imposées à une classe entière de la population, et la placent en dehors du droit commun, quelles que soient la situation et les convenances individuelles : si elles peuvent être utiles aux mas, ne peuvent-elles pas être nuisibles aux autres, et ne portent-elles pas atteinte à la liberté de tous? Enfin, quoique les gouvernements soient naturellement disposés à accroître leurs attributions

et à augmenter le nombre de leurs fonctionnaires, on peut se demander s'ils possèdent la capacité nécessaire pour suffire à l'énorme tâche que leur imposerait la tutelle de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre de la population.

En tous cas, au moment où nous sommes, ces mesures de tutelle ou de protection n'ont exercé aucune influence appréciable sur la condition des ouvriers ; elles n'ont pas eu davantage la vertu de désarmer le socialisme révolutionnaire. '

Nous ne nous y arrêterons donc point, et nous examinerons les procédés que les ouvriers euxmêmes ont employés pour remédier à la situation inégale ©ù ils se sont trouvés vis-à-vis des entrepreneurs, depuis l'avènement de la liberté du travail. Ces moyens de défense se résument dans le recours aux coalitions et aux grèves, et dans la constitution des trades unions et des syndicats.

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