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RUE RICHELIEU

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PRÉFACE

Les progrès qui ont transformé, depuis l'avènement de la liberté du travail, l'outillage et les procédés de l'industrie et augmenté la puissance productive de l'homme, ont eu pour résultat un accroissement extraordinaire

n de la richesse. Mais les éléments du bienêtre ainsi accrus se sont-ils distribués équi-

4 tablement entre les deux grandes catégories de producteurs qui ont contribué à les créer ? Quoiqu'on ne possède point sur la répartition

•4 de la richesse des renseignements précis, il est visible que les classes supérieure et moyenne , qui tirent principalement leur revenu de l'emploi de leurs capitaux immobiliers et mobiliers, se sont enrichies dans une proportion plus forte que celle qui vit à peu

près exclusivement du produit de son travail.

11 PREFACE

On peut constater aussi que dans les contrées où la richesse s'est le plus rapidement et le plus amplement multipliée depuis un siècle, elle tend à se concentrer en un petit nombre de mains. Chose curieuse même, c'est dans le pays où les institutions ont le caractère le plus démocratique, aux Etats- Unis, que cette tendance est particulièrerement marquée '. Même dans ceux où elle est le moins prononcée, la condition de la classe ouvrière, qui tire son revenu du salaire, ne s'est point autant améliorée, sous l'influence des progrès de l'industrie, que celle des classes qui tirent le leur des profits ou des dividendes, du loyer ou de l'intérêt. Le revenu de l'individu qui coopère à la gestion ou à la direction d'une entreprise soit comme entrepreneur, propriétaire ou capitaliste, ce revenu est acheté au prix d'une journée de travail, dont la durée est inégale, mais certainement inférieure à celle de la journée moyenne de l'ouvrier. En outre, ce revenu suffit communément à l'entretien de la famille : ni la femme ni les enfants ne sont obligés de travailler pour pourvoir à leur

1 Voir à l'Appendice, note A.

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