SCÈNE IV Lfis Mêmes, BUZANÇ0IS
BUZANÇOIfl.
M. Robert PrëaultY...
BOBERT.
C'est moi, monsieur. A qui ai-je l'honneur de parler?
BUZANÇOIS.
Buzançois, ancien notaire de Paris. Je vous prie^ monsieur, d'excuser cette visite intéressée, mais...
ROBERT
Asseyez-vous donc, de grâce I
BÏÏZANCOIjS.
Oh! je ne suis pas fatigué, je suis venu de Trouville en carriole. Voici le fait, messieurs.. . Vous n'êtes pas sans avoir entendu parler de l'affreux malheur qui, tout récemment, a jeté la consternation dans ce pays... Quatre pécheurs ont été assaillis en mer par une forte bourrasque et la barque a sombré. La situation des veuves et des orphelins ayant vivement irppressionné nos charmantes baigneuses, elles ont organisé, au profit de ces malheureux, dans 'la deraourq de l'une d'elles, au bout de la plage de Trouville, un t)al qui sera splendide.
C'est parfait. Allons, messieurs f... quatre familles sont dans le désespoir... Invitez vos dames !
BUZANÇOIS.
Les billets sont à deux louis.
* Robert', Buzasçois, Jule3, Henri ; Cilaudette, an fond} k gaache.
âGTE premier 45
AOBERT, faisant la eoUeeto»
"^oilà six louis, monsieur...
BUZANÇOISf
Très-reconnaissant 1...
ROBERT, Toyant entrer ClandeUe*
^hl le cafél... voua en prendrez bien une tasse avec nousi nsieur Buzançois?
BUZANÇOIS.
Ifon Dieu^ c'est que je dois aller à Houlgate et à Bâuzeval. Ces mes ont bien voulu me charger du placement des billets... et ^*est une terrible besogne.
ROBBRT.
SabI cinq minutes... Quatre tasses, Claudette.
glaudbttb\ Oui, monsieur.
BUZANÇOIS.
Ce bal nous donne à tous bien du mal... à no» dames surtout. ••
^ous comprenez.., C'est demain que nous dansons. Il a fallu faire
^enir de Paris les plus grandes prêtresses de la mode, les coutu-
Hères les plus illustres. On se les dispute à prix d'or... Je sais
^ne de nos plus grandes dames, messieurs, qui, en ce moment...
(ayec attendrissement), travaille à sa robe, elle-même et de ses
propres doigts. Leur zèle, leur dévouement au malheur, excitent
^ne admiration!... Madame de Preuil a déjà plus de soixante
invitations, sans compter les valses et le cotillon... et elle était
réellement souffrante ce matin!...
ROBERT, avec intérêt.
Elle saura &iire taire sa douleur.
BUZANÇOIS.
Nous l'espérons tous. Elle a une coiffure!... au milieu des
* fVobert, Jules, Buzançois, Henri ; Oaudetle, au fond, k gauche.
fleurs naturelles, des diamants jetés çà et là comme des gouttes de rosée...
IVLBS, à part.
La coiffure d'Hélène I
Elle Ta essayée hier au soir... C'est d'un effet l...
ROBERT
A-t-on invité les veuves ?...
BUZANÇOIS.
Ohl monsieur!
JULBS.
J'attendais ce mot^là... Tous êtes content, (a Boiançois.) Mon* sieur, ne soyez pas indigné; mon oncle ne croit pas aux femmes.
IlOBERT.
Je n'y crois plus.
BUZANÇOIS.
Je VOUS plains, monsieur, et j'aime à penser que H. Gérard, que j'ai eu Thonneur de voir sur la plage, ne partage point votre sentiment, et qu'il croit, lui, aux honnêtes femmes...
HENRI, salaant légèrement.
MonsieurI (a part.) Pourquoi ce monsieur me dit-il cela?...
BUZANÇOIS^ sa demi-taise à la main»
Les femmes sont des anges I
ROBERT, offrant le lacrier.
Beaucoup de sucre, monsieur...?
n eherehe le nom.
BUZANÇOIS, soufflant le nom et s'inclinaat en manière de remerctment.
Buzançoisl... Monsieur, les femmes!... Voyons, sans aller bien loin, est-ce que Jeanne Darc n'a pas sauvé la France?