‹ Les brebis galeuses: comédie en quatre actesChapitre 61 sur 103 · ACTE DBUXIÈMB · texte numérisé non relu

ACTE DBUXIÈMB

LE COMTE, firoidamént.

Décidément, combien devez-vous donc, madatn«?(Ell6 le regarde effarée. — Continoant.) Deux cent quatre-vingt mille francs, m'a-l-on dit ; suis*je bien informé? En ce cas, il vous restera vingt mille francs pour payer votre dot dans un couvent ; car mon banquier a reçu, ce malin, Tordre de vous en compter trois cent mille*

DIANE, même jeu *•

Monsieur le comte^t...

LJB COMTE.

Je sais tout, madame, j'ai tout appris de la bouche même de l'un de vos créanciers; mais il s'agit d'autre chose. Écoutez-moi l>ien. Ma fortune, entendez-v.ous^ n'ira pas s'engloutir dans le goufl're où s'est déjà engloutie la vôtre. Cette fortune, mes pères l'ont ^eçue du pays pour prix de leurs services^ et, comme je veux qu'il ^oit fait après moi un-honoràbte usage de cette fortune honorable- Uient gagnée, je la laisserai à la femme qui, se voyant trahie, ruinée par une courtisane, a cependant conservé pur le nom de l'homme cjui l'avait ruinée, trahie! Te vais donc instituer pour ma légataire viniverselle madame Marie Bernier.

Diane a toat écooté; Tœil fixe, hagard ; — an nom de Marie, il passe un éclair

de fureur dans ses yeux.

DIÂNE^ à part.

Ellel... ellel..;

Elle déchire son mouchoir avec ses dente.

LE COMTE

Eh bien, je vous aime mieux ainsi. Cette pauvre enfant!... vous voudriez bien pouvoir la déchirer comme vous déchirez cette dentelle, n'est-ce pas? vous voudriez bien surtout pouvoir allumer dans son cœur les fatales p^sio^p^ qui dévorent le vôtre. Mais, croyez-moi, ne tentez rien. Vous perdriez vos leçons, car je l'ai prémunie cony^e vous et les vôtres.

*Xiè domle, Diane.

n LES BREBIS GALEUSES

DIANE, bondissant*

Monsieur le comte I

^ LE COMTE

Ohl pardon... Maintenant, un conseil! Ne pouvant nuireà. Marie, vous voudrez peut-être vous venger sur moi, mais prenez-y garde; souvenez-vous que vos préférences portent malheur à ceux qui en sont Tobjet, et que mon épée sait faire des couronnes d'immortelles avec vos bouquets de bal. Adieu, comtesse!

n saloe et remonte.

DIANE, à part.

Oh!... on ne meurt pas de rage!

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