‹ Les brebis galeuses: comédie en quatre actesChapitre 60 sur 103 · ACTE DEUXIÈME S · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME S

DIANE

Jue voulez-vous dire?

L^ COMTB.

Ijfais... que cette vie de fêtes continuelles vous est Catale, dame. Vous frissonnez? Je vais fermer cette fenêtre.

DIANE «TOC un triste sourire.

Ohl ce n'est pas le vent du soir qui fait courir ce frisson dans s veines. (Après nn temps.) Ce mal a des effets singuliers... Quand riQ'étreint le cœur^ je sens mes tempes prises comme dans un ^n... il me semble que je vais devenir folle, et, si cela me prend ^nd je suis seule^ et... (tristement) je le suis presque toujours, je ^ trouve en proie à des terreurs... intraduisibles! le silence épouvante ; j'ai besoin d'entendre une voix humaine.

LE COMTE y froidement.

Dans ces cas-là, il faut sonner vos femmes.

DIANE

C'est ce que je fais... quelquefois... car je n'ose pas toujours; îs accès sont si fréquents ! depuis quelques mois surtout 1 J'ai itié de leur sommeil ; je sais si bien ce que cette privation fait )ufrrir... Ah! je crois vraiment que vous avez raison, monsieur le )mte, et que je dois renoncer tout à fait au monde; car, je m'en )erçois bien (avec intention), toute émotion avance l'heure, et je 3 suis pas prête pour le départ. (Avec des larmes contenues.) Je n'ai 38 encore fait assez pénitence. (Elle a on noavean moavement de donleoTi , en se retenant an comte, elle l'entratoe auprès d'elle sur la causeuse. Aa )mte, qui veut dégager la main qu'elle a saisie, et arec prière.) Oh! laissez-

loi votre main t qu'est-ce que cela vous fait? (Le comte reste immobile. - Après un temps, et se penchant & demi vers le comte.) Savez- VOUS ce

[ui a causé en moi tout à l'heure cette émotion douloureuse que B n'ai pas eu la force de cacher ?

LE COMTE, ses yeux dans les siens.

Non.

PI A NE, dooloareùsemeat.

Vraiment?

LE COMTE

Pas le moins du monde.

DIANE

Alors, je ne vous le dirai pas. (Après an temps^ et avec une indiflEérenee jooée.) Vous étiez avec madame Bernier quand je suis entrée?

LE COMTE

Ouij madame... Je prenais congé d'elle.

DIANE^ essayant un sourire.

Je sais... L'écho m'a apporté le bruit de vos adieux.

LE COMTE

Je ne lui avais pas recommandé le secret. Madame Bernier peut marcher la tête haute avec moù baiser sur le front.

DIANE) avee une sorte de rage désespérée.

Mon Dieu! mon Dieu!... mais combien de teinps cette vie-là doit-elle donc durer ?

LE COMTE

Je ne puis vous le dire, madame; j'ignore le nombre d'années que Dieu doit nous compter encore.

DIANE

C'est donc une condamnation sans appel? (Le comte ne répond rien.| Ah! vous ne serez pas implacable I... Dieu a bien pardonna lui, à la femme adultère.

LE COMTE

Que Dieu vous pardonne !

DIANE, éclatant en sanglots^ et arec passion*

Georges! Georges! i

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