HARIB
Je crois qu'oui.
DIANE, après nn temps.
Vous l'aimez toujours, n'est-ce pas?
MARIE, distraite.
Mon mari?
DIANE, comprimant nn sonrire.
Oui... votre... mari...
MARIE, avec fen.
Je porte son nom, madame; ce nom^ j'ai juré de le faire respec« ter, et je mourrai avant de manquer à mon serment.
DIANE
Et vous ferez bien, mon enfanl I car, voyez-vous, le véritable rôle de la femme en ce monde, c'est le sacriûce... Dans cette île sauvage que Ton nomme la société, les femmes sont les missionnaires de l'amour. Elles doivent donc prêcher la fidélité, qui en est
448 LES BREBIS OALETTSES
la première loi... et prêcher d'exemple, ce qui est plus dur. prêchent presque toujours dans le désert, c'est vrail mais... (aree onetion), à défaut du bonlieur dans cette vie, elles ont l'espoir d'une sainte récompense dans une vie meilleure.
MAEIE.
Ohl ne riez pas de ce sourire, je ne sais pourquoi il me fait peur,
DIANE 9 la eareiMUt*
Enfant I
UARIB, pea k pea plus agitée.
Voyez-vous^ madame, depuis quelque temps, j'erre au hasard dans une nuit profonde^ sur une mer qui m'est inconnue! il me manque un phare qui me guide.
DIANB.
Et vous craignez le naufrage pour votre vertu?
MARIE, à Toix basse.
Eh bient... ouil et je viens vous demander de me servir de pilote! c'est vous qui me protégerez, qui me guiderezl... Yovs voulez bien, n'est-ce pas?
DIANE, atec nne émotion anssitôt réprimé«.
Marie I
MARIE, étonnéi.
Qu'avez-vpus donc?
DIANE
Rien! rienl...
MARlE^ snppUanto.
jUnsi, vous ferez ce que je vous demande?
DIANE. '
Oui! oui! et, pour me servir de la môme image que vous, le phare protecteur^ c'est ma main qui le placera.