ACTE TROISIÈME
MA ai E 9 renlftcant di les bras.
Que vous êtes bonne!
B I ANE, frémissant malgré elle et le dégageant doneement de ton étreinte.
Voyons, dites-moi tout. D y a longtemps déjà qu'il marche dans irotre vie,... lui?
XABIE.
Un an peut-être. Quand je l'ai vu pour la première fois^ c'était au bal... Il a valsé avec moi... il ne me parlait pas, mais... sa main frissonnait dans la mienne... et je me sentais mourir sous son regard... Je n'avais, jusque-là, rien ressenti de pareil^ J'espérais ne plus le revoir... J'ai tout fait pour le fuir, je vous le jure! mais la fatalité l'a toujours replacé sur ma route; rien n'a lassé sa patience*
DIANE
. Ou son amour.
VARIE
Ainsi, l'autre soir, il avait glissé une lettre dans mon bouquet.
DIANE
Vraiment?
MARIE
Et j'avais jetë le tout à la mer.
DIANE
Âh t c'était du courage.
MARIE
Eh bien, ce courage a été inutile ; ce matin^ dans les fleurs de ma corbeille, il y avait une autre lettre.
DIANE, à part, d'an ton lingolier.
Une autre!.,.
, MARIE
Goomient est-elle venue là, je l'ignore.
DIANK*
Oui, en effet, c'est inexplicable... Et... voua T^vei lue?...
MARIE
Oh I non. La voilà Intacte. Je ne veux pas la lire^ je ne la lirai pas.
DIANE^ réprimant un mQUioment* Vous aurez tort.
XAR1B|, étonnée»
Gomment?
D la N E , raillant et prenant la lettre *.
Toutes ces lettres-là se ressemblent, et le grand danger est de ne pas les lire... Je veux vous guérir, Marie...
EUe brise le cachet.
MARIE
Ahl qu'avez-vous fait^ madame!
DIANE, eonriant.
Écoutez. (Elle attire Marie près de la table, où se trouve ane lampe. Diane 's'assied, Marie reste deboat près d'elle. Diane, lisant k demi-voix en don* nant tonte leur yalenr à chaqae phrase, à chaque mot.) « Je VOUS ai revue«
Marie... et la ligne de sagesse que je m'étais tracée un jour a été tout à coup brisée. G*en est fait à cette heure 1 ne me demandez donc plus de raison. La raison ne saurait trouver place désormais dans une âme que la passion envahit tout entière. Je ne m'appelle plus la résignation ; je ne m'appelle plus le respect; je m'appelle l'amour. Mais non Tamour aux timides rougeurs, effeuillant languissamment la fleur qui se pâma tout un soir parmi les tresses parfumées... ; ni cet amour tremblant qui n'arrive à l'oreille de la bien-aimée qu'en passant parles étoiles... Je suis l'amour terrestre, ardent, insatiable!... qui ne sait parler qu'un langage, le doux langage des baisers... Pardonne^moi, Marie 1... mais tu souffres aussi, je le sais, car j'ai lu dans ton âmel j'ai deviné ses
" Maricj Diane.