ACTE QUATRIÈME U
DIANE, qui esl arrivée la première.
Je vous défends de l'approcher t
HENRI
Que dites-vous donc?... Et pourquoi êtes-vous ici?
DIANE
Pour la sauver de vous qui vouliez la perdre.
HENRI
Moi!... Osez- vous bien parler ainsi?... Mais qui de nous deux est le plus coupable?... qui donc l'a attirée dans ce piège? DI.\NE, voulant lui imposer silence.
Monsieur l
HENRI, continuant.
Le cœur brisé par ses refus, j'allais partir; mais vous êtes venue, et votre instinct du mal vous a soufflé tout bas je ne sais quelle pensée funeste, et vous l'avez jetée dans mes bras.
' DIANE
Par pitié!
HENRI
Et. maintenant que je renais à la vie, parce que je sais qu'elle m'aime, vous voudriez m'en séparer? Oh! il est trop tard !
Non, non, car, tant que je serai vivante, je veillerai sur elle! ma place est à ses côtés, et j'y reste.
HENRI
Votre place est à ses côtés, dites-vous? Mais, madame, Marie n'est pas des vôtres.
Dl A N E.
Taisez-vous!
HENRI
Car Marie, elle, est une brebis sans tache.
DIANE
Taisez- vous donc!
HENRI
Non, madame, votre place n'est pas près d'elle, car vous ne lui êtes rien, rien... Vous n'êtes, grâce à Dieu, ni sa sœur ni... DIANE, bondissant.
Assez! je suis sa mère!
HENRI
Marie, votre fille ?
MARIE, qni s'est soulevée.
Ah!,..
DIANE, se retournant précipitamment et apercevant Mario. Marie!... Elle a entendu!... (Avec terreur.) Oh! comme elle me regarde!... (Se jetant à genoux devant le canapé.) Marie! mon enfant! Grâce!... grâce!... Ne me maudis pas! ne me maudis pas!...
Heureusement pour vous, madame, je ne sais pas maudire.
DIANE
Oh ! pitié! ne me parlez pas ainsi... mon enfant, ma fille!
MARIE
Votre fille? Mais vous m'avez déjà trompée une fois, madame, Qui me dit que vous ne me trompez pas encore?
DIANE
Oh! vous pourriez croire que c'est une comédie que je joue? Mais regardez-moi donc, Marie! Est-ce que ce ne sont pas de vraies larmes que j'ai là dans les yeux, larmes de désespoir, de repentir?
MARIE
Qui que vous soyez, madame, je vous en prie!
DIANE
Non, non, je ne me relèverai pas que tu n'aies jeté sur moi un regard de pitié. Écoute!... plus tard, tu sauras tout! et tu me jugeras... Si j'ai étévcoupable, j'ai été bien malheureuse aussi,