ACTE PREMIER
BUZANÇOIS.
Je les enivre pas, c'est une manière de parler. (Reprenant.) C'est votre faute à vous, si vous aimez mieux...
ROBERT
A moi? Oh! du tout. Je suis retiré aussi.
RUZANÇOIS, à Jules
Alors, c'est la vôtre, à vous qui ouvrez sous leurs pas les profondeurs de l'abîme !
JULES, avec fatuité.
Parbleu !
ROBERT
Allons donc! Les femmes se perdent bien plutôt entre elles. J'en connais, moi, qui ne pardonnent pas à la sage^se qui résiste, à la vertu qui lutte,, au cœur qui marche droit... C'est une femme qui les a perdues, elles perdront les autres. Elles sont bien tombées, elles; pourquoi les autres ne tomberaient-elles pas? BUZANÇOIS, scandalisé.
Monsieur Préault!... ce langage...
ROBERT
Je suis payé pour le tenir;... car, à vingt ans, j'ai aimé, bien aimé... et celle que j'aimais a été perdue, et perdue par une femme... Et, depuis ce temps-là, si j'ai jeté ma vie par les chemins et ma fortune par les fenêtres, si je suis seul aujourd'hui sur la terre, comme Robinson dans son île, avec mon neveu pour perroquet,...c'est bien aux brebis galeuses que je le dois, pardieu!...
JULES
Comment ! vous avez aimé, vous?
ROBERT
Autant que toi, misérable 1
BUZANÇOIS, tirant sa montre.
Ah! mon Dieu!.., une heure et demie!... il faut que je sois de
retour à Trouville à six heures, pour rendre mes comptes aux dames patronnesses, et j'ai trois lieues à faire!...
JULES
La route est admirable.
BUZANÇOIS*.
C'est vrai; et j'ai par bonheur un petit trotteur excellent. Sans adieu, messieurs!
Henri et Jules saluent Buzançois.
ROBERT
Monsieur Buzançois, j'ai l'honneur de vous saluer...
BUZANÇOIS, à part.
C'est un original, mais il n'est pas méchant.
(il sort.)-