SCÈNE IX DIANE, ROSE, BLANCHE, MARIE
ROSE
Tiens, l'aubergiste qui chante votre air !
BLANCHE, montrant les verres.
Marie! vous ne buvez donc pas?
MARIE
Non... merci.
BLANCHE
Oh! décidément, vous êtes trop dans le bleu... ou dans le noir.
ROSE
Est-ce que vous avez des chagrins?
* Marie, Blanche, Rose, Diane.
MARIE
Mais non...
Alors, pourquoi ne pas être gaie?... Moi, je suis gaie... et pourtant je suis veuve... Tiens»! au fait, j'y pense!... je devrais être triste... Mais non;... madame Tingrey se moquerait encore de moi... (a Marie, en lui prenant les mains.) Voyons, souriez... cela est si facile... votre tristesse donnerait raison à cette histoire que l'on nous racontait l'autre jour...
MARIE
Quelle histoire?...
RO SE
C'est madame de Cheppe qui bâtissait sur vous tout un roman : « La tristesse de madame Bernier n'a rien qui doive surprendre, disait- elle. Pauvre jeune femme!... Vous ne savez donc pas? C'est une enfant trouvée. »
Marie met la main sur son cœur. , BLANCHE, bas, à Rose*.
Bavarde! Vous êtes terrible, ma chère enfant! ROSE, regardant tous les visages**.
Ah! c'est donc vrai? (courant à Marie.) Une larme! oh! Marie, pardon! Vous savez, moi, je parle un peu à tort et à travers... mais je ne suis pas méchante!... Je n'ai pas un mauvais cœur. Je vous ai affligée, moi qui me sens pour vous une amitié si sincère... une amitié comme au couvent... Marie, pardonnez-moi.
MARIE, l'embrassant.
Vous êtes bonne! et je nous aime aussi!
ROSE
Alors, cette histoire est vraie?
* Blanche, Marie, Rose, Diane.
" Rose, Marie, Blanche, Diane.